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Leçon offerteModule 02 · Leçon 02.036 min

Les données décident de tout

Parcours 09 : Intelligence artificielle : les bases pour s'en servir avec méthode · Fondamentaux

Objectif de la leçon

Comprendre comment la qualité, la quantité et la diversité des données déterminent la qualité d'une IA, et repérer les biais.

La leçon, diapositive par diapositive

Diapositive 1 sur 8

Objectif de la leçon

  • Comprendre le lien entre données et qualité
  • Savoir ce qu'est un biais
  • Voir pourquoi l'Afrique est concernée au premier chef
Voix off

Cette leçon est peut-être la plus importante du module. Une IA ne peut pas être meilleure que les exemples qu'elle a reçus. Si ces exemples sont faux, incomplets ou déséquilibrés, l'IA le sera aussi. Et quand les Africains, leurs visages ou leurs langues manquent dans ces exemples, ce sont eux qui paient les erreurs. Dans cette leçon, tu vas comprendre le lien entre données et qualité. Tu sauras ce qu'est un biais, et tu verras pourquoi l'Afrique est concernée au premier chef. On s'appuiera sur deux cas réels, étudiés et publiés.

Diapositive 2 sur 8

Mauvaises données, mauvaise IA

  • Données incomplètes, anciennes ou fausses : réponses faussées
  • Les informaticiens disent « garbage in, garbage out »
  • En français : ce qui entre détermine ce qui sort
Voix off

Les informaticiens ont une expression en anglais : « garbage in, garbage out ». Mot à mot, ordures à l'entrée, ordures à la sortie. En français, on peut dire : ce qui entre détermine ce qui sort. Si les données sont incomplètes, anciennes ou fausses, les réponses seront faussées. Prends ton cahier de ventes : s'il oublie les jours de marché, ta prévision sera fausse, même avec le meilleur logiciel du monde. C'est la même chose pour les grandes IA. Quand elles se trompent, l'erreur vient souvent de leurs données, pas de leurs calculs. Améliorer une IA, c'est donc très souvent améliorer ses données.

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Le biais : quand un groupe manque

  • Une IA entraînée surtout sur des visages clairs se trompe plus souvent sur les visages foncés
  • Étude Gender Shades, 2018 : jusqu'à 34,7 % d'erreurs pour les femmes à peau foncée
  • Contre 0,8 % au plus pour les hommes à peau claire
Voix off

Un biais, c'est une erreur qui touche plus souvent un groupe de personnes qu'un autre. Il apparaît souvent quand ce groupe manque dans les données. En 2018, une étude appelée Gender Shades a testé trois logiciels commerciaux d'analyse de visage. Ils devinaient si une personne sur une photo était un homme ou une femme. Les chercheuses ont mesuré jusqu'à 34,7 % d'erreurs pour les femmes à peau foncée, contre 0,8 % au plus pour les hommes à peau claire. Ce n'était pas une volonté de nuire. Selon elles, la cause la plus probable était des données d'entraînement et de test mal équilibrées.

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Deux chercheuses à connaître

  • Joy Buolamwini, chercheuse d'origine ghanéenne
  • Timnit Gebru, née à Addis-Abeba, en Éthiopie
  • Leur travail a poussé de grandes entreprises à revoir leurs systèmes
Voix off

Cette étude est signée par deux chercheuses à connaître. Joy Buolamwini, chercheuse d'origine ghanéenne, travaillait alors dans une université américaine. Timnit Gebru est née à Addis-Abeba, en Éthiopie. Leur travail a eu un grand retentissement. Il a poussé de grandes entreprises à revoir leurs systèmes de reconnaissance faciale. Il montre aussi une chose essentielle : il faut des personnes d'origines variées parmi celles qui construisent et testent l'IA, sinon certains problèmes passent inaperçus. Les Africains ne doivent pas seulement utiliser l'IA. Ils doivent aussi la construire, la tester et la contrôler.

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Le biais peut aussi venir de l'histoire

  • Une IA de tri de CV apprend sur les recrutements passés
  • Si on a surtout recruté des hommes, elle risque de favoriser les hommes
  • Elle reproduit les inégalités d'hier, en plus rapide
Voix off

Le biais peut aussi venir de l'histoire. Imagine une IA de tri de CV, entraînée sur les recrutements passés d'une entreprise. Si cette entreprise a surtout recruté des hommes, l'IA risque d'apprendre que le profil idéal est un homme. Elle reproduit alors les inégalités d'hier, en plus rapide et à plus grande échelle. Ce n'est pas un cas d'école. En 2018, l'agence Reuters a révélé qu'Amazon avait abandonné un outil expérimental de tri de CV qui défavorisait les candidatures féminines. L'outil avait appris sur les CV reçus pendant dix ans, venus surtout d'hommes. C'est exactement le sujet de la simulation de ce module.

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Apprendre par cœur n'est pas comprendre

  • L'élève qui récite les corrigés sans comprendre
  • Il réussit les exercices connus et échoue au vrai examen
  • Les ingénieurs testent donc toujours une IA sur des exemples jamais vus
Voix off

Autre piège : apprendre par cœur n'est pas comprendre. Tu connais sûrement un élève qui récite les corrigés des annales sans les comprendre. Il réussit les exercices déjà vus, et il échoue dès que le sujet de l'examen change un peu. Une IA peut faire la même chose. Elle obtient de très bons scores sur ses exemples d'entraînement, puis échoue dans la vraie vie. Ce problème s'appelle le surapprentissage. C'est pourquoi les ingénieurs testent toujours une IA sur des exemples qu'elle n'a jamais vus. Quand on te vante un outil, demande sur quelles données il a été testé, et si elles ressemblent à ta réalité.

Diapositive 7 sur 8

Des langues encore peu présentes

  • Internet est écrit surtout en anglais et dans quelques grandes langues
  • Peu de textes en ligne en wolof, en lingala ou en créole haïtien
  • Les réponses et traductions dans ces langues sont donc plus fragiles
Voix off

Parlons des langues. Internet est écrit surtout en anglais et dans quelques grandes langues. Il existe très peu de textes en ligne en wolof, en lingala, en bambara ou en créole haïtien, et encore moins d'enregistrements bien transcrits. Les réponses et les traductions dans ces langues sont donc plus fragiles. Mais ce n'est pas une fatalité. Chaque texte correct publié dans ces langues, chaque émission de radio bien transcrite, enrichit les données de demain. Des communautés de chercheurs africains, comme Masakhane, rassemblent des données et construisent des outils pour les langues africaines. Enseignants, journalistes et étudiants peuvent aussi y contribuer.

Diapositive 8 sur 8

À retenir

  • Ce qui entre détermine ce qui sort
  • Un groupe absent des données subit plus d'erreurs
  • Une IA peut reproduire les inégalités passées
  • On la teste sur des cas nouveaux et proches de la réalité
Voix off

Faisons le point. Ce qui entre détermine ce qui sort : une IA vaut ce que valent ses données. Un groupe absent ou mal représenté dans les données subit plus d'erreurs, et c'est ce qu'on appelle un biais. Une IA peut aussi reproduire les inégalités du passé, comme l'outil de tri de CV d'Amazon. Et on teste toujours une IA sur des cas nouveaux, proches de la réalité, pour éviter le surapprentissage. Retiens ce réflexe : devant une IA, demande-toi d'où viennent ses exemples, et qui en est absent. Dans la dernière leçon du module, on ouvre la boîte des réseaux de neurones, toujours sans mathématiques.

À retenir

  • Une IA ne vaut que ce qu'on lui a montré.
  • Quand un groupe manque dans les données, l'IA se trompe davantage sur lui : c'est un biais.
  • L'étude Gender Shades (2018) a mesuré jusqu'à 34,7 % d'erreurs pour les femmes à peau foncée, contre 0,8 % au plus pour les hommes à peau claire.
  • Apprendre par cœur n'est pas comprendre : on teste toujours une IA sur des exemples nouveaux.
  • Les langues africaines restent peu représentées dans les données.

Fais les exercices, le quiz et obtiens ton certificat dans ton espace

Avec ton compte, les deux premiers modules sont offerts : leçons, labs, simulations, quiz et tuteur. Débloque la suite du parcours pour 100 000 GNF. Le certificat vérifiable, délivré à la fin, coûte 399 000 GNF.