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Avertissement

Ce parcours explique le fonctionnement des cellules. Il ne permet ni de poser un diagnostic, ni d'interpréter un examen médical, ni de choisir un traitement : ces décisions reviennent aux médecins et aux biologistes habilités. Les expériences avec de l'éthanol chauffé ou des colorants acides se font au laboratoire, avec un encadrant.

Leçon offerteModule 01 · Leçon 01.0212 min

Le microscope optique et les colorations

Parcours 151 : Biologie cellulaire : structure, membranes et cycle de la cellule · Fondamentaux

Objectif de la leçon

Calculer un grossissement, connaître la limite de résolution du microscope optique, préparer un échantillon vivant ou fixé et choisir une coloration selon la question posée.

La leçon, diapositive par diapositive

Diapositive 1 sur 8

Objectif de la leçon

  • Calculer un grossissement
  • Comprendre la limite de résolution
  • Préparer un échantillon vivant ou fixé
  • Choisir une coloration selon la question
Voix off

Le microscope optique est l'outil que tu croiseras dans presque tous les laboratoires, du lycée de Ouagadougou au laboratoire d'analyses de Montréal. Tu vas d'abord comprendre comment il agrandit une image, pourquoi il ne peut pas tout montrer, et comment préparer ce que tu poses sous l'objectif. Tu vas surtout apprendre à choisir une coloration en fonction de ta question. C'est une compétence qu'on néglige souvent : on colore par habitude, alors qu'un colorant mal choisi peut cacher justement ce qu'on voulait voir.

Diapositive 2 sur 8

Comment il grossit

  • La lumière traverse un échantillon mince
  • L'objectif forme une image agrandie
  • L'oculaire l'agrandit encore
  • Objectif × 40 et oculaire × 10 : grossissement × 400
Voix off

Le principe est simple. Une lampe envoie de la lumière à travers un échantillon assez mince pour la laisser passer. Une première lentille, l'objectif, forme une image agrandie. Une seconde, l'oculaire, celle où tu poses l'œil, agrandit encore cette image. Pour connaître le grossissement total, tu multiplies les deux valeurs gravées sur les lentilles. Avec un oculaire marqué dix et un objectif marqué quarante, tu observes à quatre cents fois. Note toujours ce grossissement à côté de ton dessin ou de ta photo : sans lui, personne ne peut retrouver la taille réelle de ce que tu as vu.

Diapositive 3 sur 8

Grossir ne suffit pas : la résolution

  • Résolution : deux points encore vus séparés
  • Limite du microscope optique : environ 200 nm
  • Au-delà, on agrandit du flou
  • Objectif × 100 plongé dans l'huile : × 1 000 au total
Voix off

Regarde de loin, la nuit, un taxi-brousse qui arrive : ses deux phares se confondent d'abord en une seule lumière, puis se séparent quand il approche. Le pouvoir de résolution, c'est cela : la plus petite distance à laquelle deux points restent distincts. Pour un microscope optique, cette limite est d'environ deux cents nanomètres, soit 0,2 micromètre, et aucune lentille ne la franchit, car elle tient à la longueur d'onde de la lumière visible. Agrandir davantage l'image ne fait qu'agrandir le flou. Le plus fort grossissement utile s'obtient avec l'objectif × 100, dont la lentille trempe dans une goutte d'huile : avec l'oculaire × 10, tu observes à mille fois. Une bactérie apparaît alors comme un petit bâtonnet ou une petite sphère, mais ses ribosomes resteront toujours invisibles avec cet instrument.

Diapositive 4 sur 8

Préparer un échantillon

  • Goutte d'eau sous lamelle : la cellule reste en vie
  • On gagne le mouvement, on perd la durée
  • Frottis séché puis fixé : la cellule meurt mais tient
  • Tissu épais : il faut une coupe très fine
Voix off

Avant de préparer quoi que ce soit, demande-toi si tu as besoin que la cellule reste en vie. Si oui, dépose ton échantillon dans une goutte d'eau et pose la lamelle de biais, pour chasser les bulles. Tu verras une paramécie nager ou le cytoplasme tourner dans une feuille d'élodée. Le prix à payer : sous la lampe, la goutte sèche en quelques minutes, et rien n'est coloré. Si tu cherches plutôt la forme ou un colorant, étale une fine couche sur la lame, laisse sécher, puis fixe-la, soit par une chaleur douce, soit avec quelques gouttes d'alcool loin de toute flamme. Les cellules meurent, mais elles restent collées et gardent leur forme pendant les rinçages. Pour un tissu épais, comme une racine ou un morceau de foie, il faut une coupe très fine, sinon la lumière ne passe pas.

Diapositive 5 sur 8

Les colorations simples

  • Bleu de méthylène : les noyaux
  • Eau iodée (lugol) : l'amidon en bleu-noir
  • Rouge neutre : les vacuoles de cellules vivantes
  • Un colorant change aussi ce que tu observes
Voix off

Sans colorant, une cellule ressemble à une bulle de verre posée sur la lame : on devine ses bords, presque rien de son intérieur. Le bleu de méthylène se fixe sur les acides nucléiques et marque fortement les noyaux : frotte doucement l'intérieur de ta joue avec un cure-dent neuf, étale sur une lame, ajoute une goutte de bleu, et les noyaux apparaissent. L'eau iodée, qu'on appelle aussi lugol, colore l'amidon en bleu-noir : essaie sur une fine râpure de pomme de terre ou de manioc. Le rouge neutre, lui, s'accumule dans les vacuoles de cellules encore vivantes. Un colorant n'est jamais sans effet : une paramécie plongée dans l'eau iodée cesse vite de nager. Avec la levure, on en fait même un test : dans du bleu de méthylène dilué, les cellules vivantes décolorent le bleu et restent claires, les cellules mortes deviennent bleues.

Diapositive 6 sur 8

La coloration de Gram

  • Violet, lugol, alcool, safranine : l'alcool décide
  • Gram positif : paroi épaisse, reste violet
  • Gram négatif : paroi fine, devient rose
  • Elle classe les bactéries, elle ne les nomme pas
Voix off

En 1884, le médecin danois Hans Christian Gram met au point une méthode qui partage les bactéries en deux camps. Tout se joue à un moment précis : le rinçage à l'alcool. Avant lui, toutes les bactéries ont été teintées par le violet de gentiane, et le lugol a formé avec ce colorant de gros complexes. Une paroi épaisse de peptidoglycane, resserrée par l'alcool, retient ces complexes : la bactérie reste violette, on la dit Gram positif. Une paroi mince, doublée d'une membrane externe que l'alcool dissout, les laisse s'échapper : la bactérie redevient incolore, puis prend le rose de la safranine ajoutée à la fin. On la dit Gram négatif. Ce tri oriente le travail d'un laboratoire, mais il ne donne jamais à lui seul le nom exact d'une bactérie.

Diapositive 7 sur 8

Choisir selon la question

  • Voir des cils battre : vivant, sans colorant
  • Compter des noyaux : bleu de méthylène
  • Chercher de l'amidon : eau iodée
  • Trier des bactéries : Gram et objectif à immersion
Voix off

Avant d'ouvrir un flacon, écris en une ligne ce que tu veux voir : c'est cette ligne qui décide de la préparation. Tu veux voir des cils battre ou une amibe avancer ? Observe vivant, sans colorant, en baissant un peu la lumière pour gagner du contraste. Tu veux compter des noyaux ? Bleu de méthylène sur un frottis. Tu veux savoir si une graine ou un tubercule stocke de l'amidon ? Eau iodée. Tu veux savoir si les bactéries d'un yaourt sont des bâtonnets ou des sphères, et à quel groupe elles appartiennent ? Frottis, Gram, puis objectif à immersion. Une ligne écrite à l'avance t'évite trois lames ratées.

Diapositive 8 sur 8

À retenir

  • Grossissement total = objectif × oculaire
  • Résolution du microscope optique : environ 0,2 µm
  • Vivant pour le mouvement, fixé pour la coloration
  • La question choisit le colorant
Voix off

Voici l'essentiel. Le grossissement total s'obtient en multipliant l'objectif par l'oculaire. La résolution du microscope optique s'arrête vers 0,2 micromètre : au-delà, grossir ne sert à rien. On observe vivant pour voir un mouvement, on fixe pour colorer et garder la forme. Et chaque colorant répond à une question : bleu de méthylène pour les noyaux, eau iodée pour l'amidon, Gram pour trier les bactéries. Dans la prochaine leçon, tu passes au microscope électronique, qui voit beaucoup plus fin, et tu apprends à lire ses images comme une carte.

À retenir

  • Le grossissement total est le produit du grossissement de l'objectif par celui de l'oculaire.
  • La résolution du microscope optique s'arrête vers 0,2 µm : au-delà, grossir ne montre rien de plus.
  • On observe vivant pour voir un mouvement, on fixe pour colorer et garder la forme.
  • Bleu de méthylène pour les noyaux, eau iodée pour l'amidon, coloration de Gram pour trier les bactéries.
  • Écris d'abord ce que tu veux voir : c'est ta question, pas l'habitude, qui choisit la préparation.

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Avec ton compte, les deux premiers modules sont offerts : leçons, labs, simulations, quiz et tuteur. Débloque la suite du parcours pour 100 000 GNF. Le certificat vérifiable, délivré à la fin, coûte 399 000 GNF.