Les règles changent d'un pays à l'autre et évoluent : vérifie toujours les textes en vigueur chez toi.
Ce parcours explique des principes de prévention, des méthodes et des ordres de grandeur pour comprendre ; il ne remplace ni une habilitation électrique, ni une formation pratique encadrée, ni une formation aux premiers secours, et aucune valeur ni procédure qu'il présente ne doit être appliquée telle quelle à une installation réelle : sur le terrain, ce sont l'employeur et les professionnels habilités qui décident, selon les normes et règlements en vigueur dans ton pays.
Expliquer pourquoi c'est l'intensité qui blesse, connaître les grands repères d'effets du courant alternatif et comprendre le rôle de la durée et du trajet.
La leçon, diapositive par diapositive
Diapositive 1 sur 8
Ce que tu vas apprendre
Pourquoi on parle d'intensité plutôt que de tension
Les repères d'effets du courant alternatif
Le rôle de la durée
Le trajet et les autres facteurs
Voix off
Dans cette leçon, on regarde ce qui fait qu'une électrisation reste une secousse ou devient mortelle. Tu vas comprendre pourquoi les spécialistes parlent d'intensité plutôt que de tension, quels sont les grands repères d'effets du courant alternatif, et pourquoi quelques fractions de seconde comptent. On finira avec le trajet du courant dans le corps et les autres facteurs. Un conseil avant de commencer : les chiffres que tu vas voir sont des ordres de grandeur pour comprendre, pas des seuils à tester ni à utiliser pour décider qu'un travail est sans danger.
Diapositive 2 sur 8
C'est le courant qui blesse
L'intensité dépend de la tension et de la résistance du corps
Peau sèche : résistance plus forte
Peau mouillée ou en sueur : résistance qui chute
Le 220 ou 230 V d'une prise peut tuer
Voix off
On entend souvent : ce n'est que du 220 volts. C'est une erreur dangereuse. Ce qui blesse, c'est le courant qui traverse le corps, son intensité. Elle dépend de la tension, mais aussi de la résistance de ton corps et du contact. Une peau sèche résiste mieux ; une peau mouillée, en sueur ou blessée laisse passer beaucoup plus de courant. Sous la chaleur humide d'Abidjan ou de Libreville, un électricien en sueur est donc plus exposé. La tension d'une prise ordinaire, autour de 220 ou 230 volts en Afrique de l'Ouest et en Europe, et de 120 volts au Canada, suffit à tuer.
Diapositive 3 sur 8
Les premiers repères
0,5 mA : le courant commence à se sentir
5 mA : une secousse
10 mA : la main se referme, on ne peut plus lâcher
25 mA : les muscles respiratoires peuvent se bloquer
Voix off
Voici des repères publiés par l'organisme français de prévention pour un courant alternatif. Un demi-milliampère, soit cinq dix-millièmes d'ampère, se sent à peine sur la peau. Vers cinq milliampères, on ressent une secousse. Vers dix milliampères, les muscles se contractent et la main se referme sur le conducteur : on ne peut plus lâcher prise. Vers vingt-cinq milliampères, ce sont les muscles de la respiration qui peuvent se bloquer. Retiens l'ordre de grandeur : quelques millièmes d'ampère suffisent pour perdre le contrôle de ses muscles.
Diapositive 4 sur 8
Quand le cœur se dérègle
Fibrillation : le cœur s'agite et ne pompe plus
Repères : environ 40 mA pendant 5 s, 50 mA pendant 1 s
Vers 2 A, les centres nerveux peuvent être atteints
Des valeurs qui varient selon les personnes
Voix off
Le danger majeur, c'est la fibrillation ventriculaire. Le cœur se met à battre de façon désordonnée et ne pompe plus le sang. Sans secours rapide, la personne meurt en quelques minutes. Les repères français indiquent qu'un courant d'environ quarante milliampères pendant cinq secondes, ou de cinquante milliampères pendant une seconde, peut la provoquer, et que vers deux ampères les centres nerveux peuvent être atteints. La norme internationale CEI 60479 étudie ces effets en détail. Mais ces valeurs varient d'une personne à l'autre : elles servent à comprendre, jamais à décider qu'un contact est acceptable.
Diapositive 5 sur 8
La durée change tout
Plus le contact dure, plus le risque augmente
Le non-lâcher prolonge le contact
Une coupure rapide peut sauver une vie
D'où l'intérêt des différentiels à haute sensibilité
Voix off
Tu as vu que les repères associent toujours une intensité et une durée. Un courant que le corps supporte une fraction de seconde peut devenir mortel s'il dure plusieurs secondes. Le piège, c'est le non-lâcher : la main reste collée au conducteur, et la durée s'allonge. C'est pour ça que les installations modernes ont des dispositifs différentiels à haute sensibilité, de trente milliampères, qui coupent très vite quand du courant s'échappe vers la terre. Et c'est aussi pour ça que la première chose à faire devant une personne électrisée, c'est de couper le courant.
Diapositive 6 sur 8
Le trajet dans le corps
Le courant suit le chemin le moins résistant
Main à main ou main à pied : il traverse la poitrine
Il abîme les organes sur son passage
Une petite trace peut cacher des lésions profondes
Voix off
Le courant entre par un point et sort par un autre, et il abîme les organes sur son passage. Quand il va d'une main à l'autre, ou d'une main aux pieds, il traverse la poitrine, donc le cœur et les poumons. Pense à Youssef, technicien de maintenance à Casablanca, qui s'appuie d'une main sur un bâti métallique pendant qu'il touche un câble de l'autre : le trajet passe exactement par le cœur. Autre piège : la trace sur la peau peut être minuscule alors que les muscles et les vaisseaux sont brûlés en profondeur.
Diapositive 7 sur 8
Les autres facteurs
La fréquence du courant
La surface de contact
L'état de la peau
La nature du sol et des chaussures
Voix off
D'autres facteurs comptent. La fréquence d'abord : les repères que tu as vus concernent le courant alternatif du réseau, à cinquante ou soixante hertz ; le courant continu des batteries et des panneaux solaires agit autrement, sans être sans danger. La surface de contact ensuite : une main entière qui serre une barre laisse passer plus de courant qu'un doigt qui effleure. L'état de la peau joue aussi, tout comme la nature du sol. Des sandales en plastique sur du béton sec ne te protègent pas autant que tu le crois, et des pieds nus dans une flaque, encore moins.
Diapositive 8 sur 8
À retenir
L'intensité et la durée font la gravité
Quelques milliampères suffisent pour ne plus lâcher
La poitrine est le trajet le plus dangereux
Les chiffres servent à comprendre, pas à prendre un risque
Voix off
Garde en tête l'essentiel de cette leçon. La gravité d'une électrisation dépend d'abord de l'intensité du courant et de la durée du passage. Quelques milliampères suffisent pour ne plus pouvoir lâcher, et quelques dizaines peuvent dérégler le cœur. Le trajet qui traverse la poitrine est le plus dangereux, et une petite marque sur la peau peut cacher des lésions profondes. La peau mouillée, le sol et la surface de contact aggravent les choses. Ces repères t'aident à comprendre pourquoi on coupe, on vérifie et on protège. Ils ne servent jamais à se dire qu'un petit contact passera.
À retenir
La gravité dépend surtout de l'intensité qui traverse le corps et de la durée du passage.
Pour un courant alternatif, quelques milliampères suffisent pour ne plus pouvoir lâcher prise, et quelques dizaines peuvent dérégler le cœur.
Ces valeurs sont des repères qui varient d'une personne à l'autre, jamais des limites sûres.
Un trajet qui passe par la poitrine, de main à main ou de main à pied, est le plus dangereux.
Fais les exercices, le quiz et obtiens ton certificat dans ton espace
Avec ton compte, les deux premiers modules sont offerts : leçons, labs, simulations, quiz et tuteur. Débloque la suite du parcours pour 100 000 GNF. Le certificat vérifiable, délivré à la fin, coûte 399 000 GNF.
Indépendance. Ce parcours est indépendant de l'AFNOR, de la Commission électrotechnique internationale, du groupe CSA et des autorités belges qui publient la NF C 18-510, la CEI 60479, la norme CSA Z462 et le RGIE : il n'est affilié à aucun d'eux, il n'en reproduit aucun texte, et le Certificat Elprofessor ne vaut pas habilitation électrique, qui relève de l'employeur et d'organismes agréés.