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Leçon offerteModule 01 · Leçon 01.0412 min

Orbitales et configuration électronique

Parcours 140 : Structure de la matière : atomes, molécules et liaisons chimiques · Fondamentaux

Objectif de la leçon

Utiliser les quatre nombres quantiques, les règles de remplissage de Klechkowski, de Pauli et de Hund, pour écrire la configuration électronique complète et abrégée d'un élément et repérer ses électrons de valence.

La leçon, diapositive par diapositive

Diapositive 1 sur 8

Objectif de la leçon

  • Les quatre nombres quantiques
  • Couches, sous-couches et orbitales
  • Les trois règles de remplissage
  • Écrire une configuration électronique
Voix off

Dans la leçon précédente, tu as vu que l'énergie d'un électron est quantifiée. Il faut maintenant savoir où placer les électrons d'un atome qui en contient plusieurs. Pour cela, les chimistes utilisent une adresse en quatre parties, les nombres quantiques, et trois règles de remplissage. Avec ces outils, tu sauras écrire la configuration électronique de n'importe quel élément courant, c'est-à-dire la liste de ses électrons rangés par niveaux. Cette écriture paraît abstraite au début, mais elle explique presque tout ce qui suit : la place dans le tableau, le nombre de liaisons d'un atome, la charge de ses ions.

Diapositive 2 sur 8

Quatre nombres quantiques

  • n, principal : 1, 2, 3… (la couche)
  • l, secondaire : de 0 à n - 1 (la sous-couche)
  • ml, magnétique : de -l à +l (l'orientation)
  • ms, de spin : +1/2 ou -1/2
Voix off

Chaque électron d'un atome a une adresse en quatre nombres. Le premier, n, est le nombre quantique principal : il dit la couche, et plus il est grand, plus l'électron est loin du noyau et haut en énergie. Le deuxième, l, va de zéro à n moins un : il dit la sous-couche et la forme de l'orbitale. Le troisième, ml, va de moins l à plus l : il dit l'orientation de l'orbitale dans l'espace. Le quatrième, ms, ne prend que deux valeurs, plus un demi ou moins un demi : c'est le spin. Pense à une adresse postale : la ville, le quartier, la rue, puis la porte.

Diapositive 3 sur 8

Couches, sous-couches et orbitales

  • l = 0 : s, 1 orbitale, 2 électrons au plus
  • l = 1 : p, 3 orbitales, 6 électrons
  • l = 2 : d, 5 orbitales, 10 électrons
  • l = 3 : f, 7 orbitales, 14 électrons
Voix off

Chaque valeur de l porte une lettre et une forme. Pour l égal zéro, la sous-couche s n'a qu'une orbitale, une boule centrée sur le noyau. Pour l égal un, la sous-couche p en a trois, chacune faite de deux lobes de part et d'autre du noyau, pointés selon x, y et z. Les sous-couches d et f en ont cinq et sept, aux formes plus compliquées. Quelle que soit sa forme, une orbitale accueille deux électrons au plus. Attention au mot : une orbitale n'est pas un chemin que l'électron suivrait. C'est une zone, tracée là où la probabilité de rencontrer l'électron est forte, un peu comme la carte des rues où l'on croise le plus souvent un vendeur ambulant. La couche n compte n au carré orbitales.

Diapositive 4 sur 8

Trois règles de remplissage

  • Klechkowski : 1s 2s 2p 3s 3p 4s 3d 4p 5s 4d 5p 6s 4f 5d 6p
  • Pauli : deux électrons au plus par orbitale, de spins opposés
  • Hund : dans une sous-couche, un électron par orbitale avant d'apparier
  • Remarque : 4s se remplit avant 3d
Voix off

On suit trois règles. La première, appelée en français règle de Klechkowski, donne l'ordre de remplissage, de l'énergie la plus basse à la plus haute : un s, deux s, deux p, trois s, trois p, puis quatre s avant trois d. La deuxième est le principe d'exclusion de Pauli : dans un même atome, deux électrons n'ont jamais la même adresse complète en quatre nombres ; une orbitale reçoit donc deux électrons au plus, et ces deux-là ont des spins contraires. La troisième est la règle de Hund : dans une sous-couche, les électrons s'installent d'abord seuls, un par orbitale et avec le même spin, avant de se mettre par deux. Comme dans un minibus où chacun prend une rangée libre avant de s'asseoir à côté de quelqu'un.

Diapositive 5 sur 8

Exemples pas à pas

  • Oxygène, Z = 8 : 1s² 2s² 2p⁴ (deux électrons célibataires)
  • Chlore, Z = 17 : 1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁵ = [Ne] 3s² 3p⁵
  • Potassium, Z = 19 : [Ar] 4s¹, et non [Ar] 3d¹
  • Fer, Z = 26 : [Ar] 4s² 3d⁶
Voix off

Commence par l'oxygène et ses huit électrons : deux en un s, deux en deux s, et les quatre derniers en deux p. La règle de Hund place trois électrons seuls dans les trois orbitales p, puis le quatrième rejoint l'un d'eux : il reste deux électrons célibataires. Passe au chlore, avec dix-sept électrons. Les dix premiers reproduisent exactement le cortège du néon ; plutôt que de les réécrire, on met le symbole du néon entre crochets, et on n'écrit que la suite : trois s deux, trois p cinq. Le potassium montre l'ordre de Klechkowski au travail : son dix-neuvième électron va en quatre s, pas en trois d. Le fer, enfin, s'écrit argon entre crochets, quatre s deux, trois d six. Vérifie toujours que le total des électrons est égal à Z.

Diapositive 6 sur 8

Électrons de cœur et électrons de valence

  • Cœur : la configuration du gaz noble précédent
  • Valence : les électrons de la couche externe
  • Chlore : 7 électrons de valence (3s² 3p⁵)
  • Les électrons de valence font la chimie
  • Ions des métaux de transition : 4s part avant 3d (Ni²⁺ : [Ar] 3d⁸)
Voix off

Une configuration se lit en deux parties. Entre crochets, le gaz noble résume les électrons de cœur : serrés près du noyau, ils ne prennent pas part aux réactions ordinaires. Après les crochets viennent les électrons de valence, ceux de la couche la plus externe, qui forment les liaisons et qui partent ou arrivent quand un ion se forme. Le chlore en a sept, trois s deux et trois p cinq : avec un de plus, il aurait le cortège de l'argon, ce qui explique son ion chlorure de charge moins un. Pour les métaux de transition, on compte aussi les électrons d de l'avant-dernière couche, avec un piège quand ils forment des ions. Le nickel, présent dans de nombreuses pièces de monnaie, s'écrit argon entre crochets, quatre s deux, trois d huit. Son ion nickel deux plus perd les deux électrons quatre s, et non deux électrons trois d : il s'écrit argon entre crochets, trois d huit, et non quatre s deux, trois d six.

Diapositive 7 sur 8

Les exceptions à connaître

  • Chrome : [Ar] 4s¹ 3d⁵ et non 4s² 3d⁴
  • Cuivre : [Ar] 4s¹ 3d¹⁰ et non 4s² 3d⁹
  • Explication courante : d à moitié pleine ou pleine
  • Plus bas dans le tableau, d'autres écarts : palladium [Kr] 4d¹⁰
Voix off

Quelques métaux de transition ne suivent pas l'ordre de Klechkowski, et deux d'entre eux sont à connaître par cœur. Le chrome, que la règle placerait en quatre s deux, trois d quatre, se trouve en réalité en quatre s un, trois d cinq. Le cuivre, attendu en quatre s deux, trois d neuf, se trouve en quatre s un, trois d dix. On les retient souvent avec une image : la sous-couche d préfère être à moitié remplie, ou complète. Prends cette image comme un moyen mnémotechnique, pas comme une loi. À la ligne suivante, le palladium n'a même plus aucun électron en cinq s, et plusieurs de ses voisins s'écartent aussi de la règle sans que l'image suffise à l'expliquer. Pour ces éléments, la configuration exacte se lit dans les tables de spectroscopie, comme celles du NIST citées dans les sources.

Diapositive 8 sur 8

À retenir

  • Adresse d'un électron : n, l, ml, ms
  • s : 2, p : 6, d : 10, f : 14 électrons au plus
  • Klechkowski, Pauli, Hund
  • Valence = couche externe ; exceptions : Cr et Cu
Voix off

Retiens que chaque électron a une adresse en quatre nombres quantiques, et qu'une sous-couche s, p, d ou f contient au plus deux, six, dix ou quatorze électrons. Pour écrire une configuration, suis l'ordre de Klechkowski, ne mets jamais plus de deux électrons de spins opposés dans une orbitale, et remplis une sous-couche orbitale par orbitale avant d'apparier, comme le veut la règle de Hund. Distingue enfin les électrons de cœur, cachés derrière le gaz noble entre crochets, et les électrons de valence, qui font la chimie. Dans le module suivant, tu verras que le tableau périodique n'est rien d'autre que ces configurations rangées en lignes et en colonnes.

À retenir

  • Quatre nombres quantiques décrivent un électron : n, l, ml et ms.
  • Une sous-couche s contient au plus 2 électrons, p 6, d 10 et f 14.
  • On remplit les sous-couches par énergie croissante, deux électrons de spins opposés au plus par orbitale, en occupant d'abord toutes les orbitales d'une même sous-couche une à une.
  • Les électrons de valence décident de la chimie ; le chrome et le cuivre sont les deux exceptions à connaître, et les ions des métaux de transition perdent leurs électrons 4s avant leurs électrons 3d.

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