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Avertissement

Les règles de droit citées (OHADA, France, Québec) servent à comprendre le fonctionnement des organisations ; avant une décision réelle, vérifie le texte en vigueur dans ton pays ou demande conseil à un juriste ou à un expert-comptable. Les organisations et les chiffres des exemples sont fictifs, sauf quand une source officielle est citée.

Leçon offerteModule 02 · Leçon 02.029 min

Ce que l'entreprise ajoute : la valeur ajoutée

Parcours 173 : Économie d'entreprise : comprendre comment une entreprise fonctionne · Fondamentaux

Objectif de la leçon

Calculer la valeur ajoutée d'une entreprise à partir de sa production et de ses consommations intermédiaires.

La leçon, diapositive par diapositive

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Objectif de la leçon

  • Mesurer ce que l'entreprise ajoute à ce qu'elle achète
  • Distinguer production et consommations intermédiaires
  • Calculer une valeur ajoutée pas à pas
Voix off

Quand Mariam vend une tenue, une partie du prix rémunère le travail des autres : le marchand de tissu, le fournisseur d'électricité, le transporteur qui l'a amenée au marché. Une autre partie correspond à ce que son atelier a fait lui-même : couper, assembler, coudre, finir. C'est cette deuxième partie qui mesure la richesse vraiment créée par l'atelier. Dans cette leçon, on va la calculer à partir d'un mois réel d'activité. Puis on fera le même calcul pour la coopérative Nyèta. Tu verras que la méthode est simple, et qu'elle s'applique à toutes les organisations qui vendent quelque chose.

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Un mois chez Mariam

  • Ventes du mois : 40 tenues, 600 000 FCFA
  • Tissu utilisé : 220 000 FCFA
  • Fil, boutons, fermetures : 30 000 FCFA
  • Électricité : 25 000 FCFA ; transports : 15 000 FCFA
  • Crédit de téléphone pour les clientes : 10 000 FCFA
Voix off

Voici un mois ordinaire chez Mariam, en dehors des fêtes. L'atelier a livré quarante tenues, vendues en moyenne quinze mille francs CFA, soit six cent mille francs. Pour les produire, Mariam a utilisé deux cent vingt mille francs de tissu et trente mille francs de fournitures : fil, boutons, fermetures. Elle a payé vingt-cinq mille francs d'électricité pour les machines et le fer à repasser, quinze mille francs de transports pour aller acheter, et dix mille francs de crédit de téléphone pour discuter avec ses clientes. Les deux apprenties ont reçu chacune quarante mille francs. Garde ces chiffres sous les yeux, on va les classer.

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Production et consommations intermédiaires

  • Production : ce que l'entreprise a produit, vendu ou mis en stock
  • Consommations intermédiaires : ce qu'elle a acheté à d'autres et utilisé pour produire
  • Tissu, fournitures, électricité, transports, téléphone
Voix off

Deux mots à comprendre. La production, c'est la valeur de ce que l'entreprise a produit pendant la période. Ici, ce sont les quarante tenues, soit six cent mille francs. Les consommations intermédiaires, ce sont les biens et les services achetés à d'autres entreprises et utilisés pendant la production. Le tissu est transformé en tenue, il disparaît dans le produit. Le fil, les boutons, l'électricité, les transports et le téléphone sont aussi consommés pour produire. Chez Mariam, les consommations intermédiaires du mois font donc deux cent vingt, plus trente, plus vingt-cinq, plus quinze, plus dix : trois cent mille francs CFA.

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Le calcul

  • Valeur ajoutée = production moins consommations intermédiaires
  • 600 000 moins 300 000 = 300 000 FCFA
  • Ce que l'atelier a créé lui-même en un mois
  • L'Insee la définit comme le solde du compte de production
Voix off

Le calcul tient en une ligne : la valeur ajoutée est égale à la production moins les consommations intermédiaires. Chez Mariam, six cent mille moins trois cent mille, cela donne trois cent mille francs CFA. C'est la richesse que l'atelier a créée lui-même ce mois-ci, grâce au travail de Mariam, de ses apprenties et de ses machines. L'Insee, l'institut statistique français, la définit de la même façon : c'est le solde du compte de production. Remarque une chose importante : le prix de vente ne dit rien de la richesse créée. Un commerçant qui vend beaucoup mais qui achète presque aussi cher peut ajouter très peu de valeur.

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Ce qui n'en fait pas partie

  • Les salaires des apprenties : ils sont payés avec la valeur ajoutée
  • La machine neuve : un investissement, utilisé des années
  • Les impôts : une part de la valeur ajoutée qui revient à l'État
Voix off

Attention aux pièges. Les quarante mille francs versés à chaque apprentie ne sont pas des consommations intermédiaires. Ce ne sont pas des achats à une autre entreprise : c'est la rémunération du travail fait dans l'atelier. On les paie avec la valeur ajoutée, et tu verras le partage dans la prochaine leçon. Même chose pour les impôts. Si Mariam achète une machine neuve, ce n'est pas non plus une consommation du mois. La machine va servir plusieurs années. On ne compte chaque année que son usure, qu'on appelle l'amortissement. Si tu mélanges ces dépenses avec les consommations intermédiaires, ta valeur ajoutée sera fausse.

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La valeur ajoutée de Nyèta

  • Ventes de beurre de karité dans l'année : 30 millions de FCFA
  • Amandes achetées aux membres : 15 millions
  • Bois et énergie : 2 millions ; emballages : 1 million ; transport : 1 million
  • Valeur ajoutée : 30 moins 19 = 11 millions de FCFA
Voix off

Faisons le même exercice pour la coopérative Nyèta, sur une année, avec des chiffres arrondis. Elle a vendu du beurre de karité pour trente millions de francs CFA. Pour le fabriquer, elle a acheté pour quinze millions d'amandes à ses membres, deux millions de bois et d'énergie, un million d'emballages et un million de transport. Ses consommations intermédiaires font dix-neuf millions. Sa valeur ajoutée est donc de onze millions. Note un point qui surprend souvent : les amandes achetées aux membres sont une consommation pour la coopérative, mais un revenu pour chaque productrice. La même somme compte dans la valeur ajoutée des productrices, pas dans celle de la coopérative.

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De l'entreprise au pays

  • Chaque producteur ajoute sa part à la chaîne
  • Le cultivateur, le transformateur, le transporteur, le commerçant
  • La somme des valeurs ajoutées : la base du PIB
  • On évite ainsi de compter deux fois la même chose
Voix off

Pense à un pot de beurre de karité vendu dans une boutique de Paris. La productrice a ajouté de la valeur en ramassant et en préparant les amandes. La coopérative en a ajouté en fabriquant le beurre. Le transporteur, l'exportateur, puis la boutique ont chacun ajouté la leur. Si on additionnait les chiffres d'affaires de tous ces acteurs, on compterait les amandes plusieurs fois. En additionnant seulement les valeurs ajoutées, on compte chaque contribution une seule fois. C'est ainsi que les statisticiens construisent le produit intérieur brut, le PIB : la somme des valeurs ajoutées des producteurs installés dans un pays, plus les impôts sur les produits, moins les subventions sur ces produits. Ici, la valeur ajoutée de la productrice et de la coopérative compte au Burkina Faso, celle de la boutique en France.

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À retenir

  • Valeur ajoutée = production moins consommations intermédiaires
  • Consommations intermédiaires : achats à d'autres, utilisés pour produire
  • Ni salaires, ni impôts, ni investissements
  • Le chiffre d'affaires ne mesure pas la richesse créée
Voix off

Tu sais maintenant calculer une valeur ajoutée. Pars de la production, retire les achats à d'autres entreprises qui ont été utilisés pour produire, et tu obtiens ce que l'organisation a créé elle-même. Ne retire ni les salaires, ni les impôts, ni l'achat d'une machine : ils viennent ailleurs. Et méfie-toi des gros chiffres d'affaires, qui peuvent cacher une très petite valeur ajoutée. Dans la prochaine leçon, on prend la valeur ajoutée de Transports Benali et on regarde où elle va : aux salariés, à l'État, aux banques, aux associés et à l'entreprise elle-même. C'est le partage de la valeur ajoutée.

À retenir

  • La valeur ajoutée est égale à la production moins les consommations intermédiaires.
  • Les consommations intermédiaires sont les biens et services achetés à d'autres et utilisés pendant la production.
  • Les salaires, les impôts et l'achat d'une machine ne sont pas des consommations intermédiaires.
  • La somme des valeurs ajoutées des producteurs d'un pays est la base de son produit intérieur brut.

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