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Avertissement

Les règles de droit citées (OHADA, France, Québec) servent à comprendre le fonctionnement des organisations ; avant une décision réelle, vérifie le texte en vigueur dans ton pays ou demande conseil à un juriste ou à un expert-comptable. Les organisations et les chiffres des exemples sont fictifs, sauf quand une source officielle est citée.

Leçon offerteModule 02 · Leçon 02.048 min

Créer de la valeur sans usine, ou en détruire

Parcours 173 : Économie d'entreprise : comprendre comment une entreprise fonctionne · Fondamentaux

Objectif de la leçon

Appliquer la notion de valeur ajoutée à des services, à un logiciel et à une activité de prêt, et reconnaître une entreprise qui détruit de la valeur.

La leçon, diapositive par diapositive

Diapositive 1 sur 7

Objectif de la leçon

  • Calculer la valeur ajoutée d'une société de logiciels
  • Comprendre la valeur créée par un prêteur
  • Reconnaître une entreprise qui détruit de la valeur
Voix off

Jusqu'ici, nos exemples fabriquaient ou transportaient des choses qu'on peut toucher. Mais une grande partie de l'économie vend des services : soigner, conseiller, former, héberger, prêter. Est-ce que la valeur ajoutée a un sens quand il n'y a ni tissu ni camion ? Oui, et on va le vérifier avec Logiciels Boréal à Montréal et Fonds Konbit à Port-au-Prince. Tu verras aussi qu'une entreprise peut ajouter trop peu de valeur pour payer ceux qui y travaillent, et ce que cela implique. Enfin, on regardera ce que la valeur ajoutée ne mesure pas, pour ne pas lui faire dire plus qu'elle ne dit.

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Boréal : un produit qu'on ne touche pas

  • Abonnements vendus dans l'année : 4,2 millions de dollars
  • Hébergement des serveurs : 0,5 ; publicité en ligne : 0,6
  • Loyer : 0,3 ; services extérieurs : 0,2
  • Valeur ajoutée : 4,2 moins 1,6 = 2,6 millions
Voix off

Logiciels Boréal vend des abonnements à des salons de coiffure, qui paient chaque mois pour gérer leurs réservations. Sur l'année, ses ventes atteignent quatre millions deux cent mille dollars canadiens. Ses consommations intermédiaires sont l'hébergement des serveurs, la publicité en ligne pour trouver des clients, le loyer des bureaux et quelques services extérieurs, comme un cabinet comptable. En tout, un million six cent mille dollars. Sa valeur ajoutée est donc de deux millions six cent mille dollars. Le calcul est exactement le même que chez Mariam. Ce qui change, c'est la nature de la valeur créée : du code, de l'assistance aux clients, des mises à jour.

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Quand la valeur ajoutée ne paie pas les salaires

  • Salaires et charges de Boréal : 2,8 millions de dollars
  • C'est plus que sa valeur ajoutée
  • La différence est couverte par l'argent des investisseurs
  • Ça ne peut pas durer indéfiniment
Voix off

Chez Boréal, il y a un problème. Les vingt-cinq employés coûtent deux millions huit cent mille dollars par an, charges comprises. C'est plus que la valeur ajoutée. Autrement dit, l'entreprise perd de l'argent avant même de payer ses impôts ou ses intérêts. Comment tient-elle ? Grâce aux investisseurs, qui ont apporté trois millions de dollars l'an dernier. Ils parient que le nombre de salons abonnés va doubler, alors que les coûts augmenteront moins vite. C'est une situation fréquente dans les jeunes sociétés technologiques. Mais elle a une limite : si la croissance n'arrive pas avant que l'argent des investisseurs soit épuisé, Boréal devra licencier ou fermer.

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Konbit : la valeur d'un prêt

  • Intérêts reçus des marchandes : 75 millions de gourdes
  • Intérêts payés à ceux qui lui prêtent : 15 millions
  • Écart : 60 millions, la base de la valeur créée
  • Moins loyer, motos, téléphone : 12 millions
Voix off

Fonds Konbit ne fabrique rien et ne transporte rien : il prête. Sa production, c'est le service de crédit. Pour l'estimer simplement, on regarde l'écart entre les intérêts qu'il reçoit des marchandes, soixante-quinze millions de gourdes dans l'année, et les intérêts qu'il paie à ceux qui lui ont prêté de l'argent, quinze millions. Cet écart de soixante millions est la base de la valeur qu'il crée. On retire ensuite ses consommations intermédiaires, comme le loyer des agences, le carburant des motos des agents et le téléphone : douze millions. Il reste quarante-huit millions. Les statisticiens ont une méthode plus fine pour les banques, mais l'idée est la même.

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Le risque qui mange le résultat

  • Des marchandes ne remboursent pas : 9 millions de gourdes perdus
  • Un incendie de marché, une route coupée, une crise
  • Bien choisir et suivre les emprunteuses protège le résultat
Voix off

Chez un prêteur, une partie de ce qu'il gagne peut disparaître d'un coup. Cette année, Konbit a perdu neuf millions de gourdes sur des prêts qui ne seront pas remboursés. Ces pertes ne changent pas sa valeur ajoutée : elles se retirent plus bas dans les comptes et mangent son bénéfice. Certaines marchandes ont vu leur stock brûler dans l'incendie d'un marché, d'autres n'ont plus pu se rendre à Port-au-Prince quand des routes étaient coupées. Pour une institution de microfinance, la qualité du travail des agents de crédit est donc décisive. Bien connaître chaque emprunteuse, adapter le montant à son activité réelle, la suivre chaque semaine : c'est ce qui protège le résultat. Prêter vite et beaucoup, sans suivre, peut sembler rentable un an, puis tout effacer l'année suivante.

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Ce que la valeur ajoutée ne compte pas

  • Le bois coupé pour chauffer le karité
  • Le travail domestique et bénévole
  • La qualité de vie des salariés
  • Une mesure utile, pas une mesure de tout
Voix off

La valeur ajoutée est une mesure précieuse, mais elle a ses angles morts. Chez Nyèta, chauffer les amandes demande beaucoup de bois. Si ce bois est coupé sans être replanté, la région s'appauvrit, mais aucune ligne du calcul ne le montre. À l'inverse, le temps que les productrices passent à garder les enfants ou à aider à la coopérative sans être payées ne compte pas non plus. La valeur ajoutée mesure ce qui passe par un prix. C'est pour cela que beaucoup d'organisations la complètent par d'autres indicateurs, sur l'environnement ou les conditions de travail. Tu en reparleras au module 6.

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À retenir

  • Services, logiciels et prêts créent aussi de la valeur ajoutée
  • Valeur ajoutée inférieure aux salaires : l'entreprise perd de l'argent
  • Chez un prêteur, les prêts non remboursés ne touchent pas la valeur ajoutée, mais ils mangent le bénéfice
  • La valeur ajoutée ne mesure que ce qui a un prix
Voix off

Ce module t'a appris à suivre l'argent, à mesurer la richesse créée et à voir où elle va. Tu sais que la même méthode s'applique à un atelier, une coopérative, un transporteur, une société de logiciels et un prêteur. Tu sais aussi qu'une entreprise peut créer trop peu de valeur pour payer ses salariés, et qu'elle vit alors sur l'argent des autres. Dans le lab, tu vas calculer la valeur ajoutée d'une activité réelle de ton entourage. Dans la simulation, tu aideras un boulanger de Kinshasa à réagir à une hausse du prix de la farine. Le module 3 ouvre ensuite les portes des bureaux : qui fait quoi dans l'organisation ?

À retenir

  • Un service ou un logiciel crée de la valeur ajoutée comme un produit fabriqué.
  • Une entreprise peut avoir une valeur ajoutée inférieure à ses salaires : elle perd alors de l'argent.
  • Pour une institution qui prête, la valeur créée vient surtout de l'écart entre les intérêts reçus et les intérêts payés.
  • La valeur ajoutée ne compte pas tout : la pollution ou le travail non payé n'y apparaissent pas.

Fais les exercices, le quiz et obtiens ton certificat dans ton espace

Avec ton compte, les deux premiers modules sont offerts : leçons, labs, simulations, quiz et tuteur. Débloque la suite du parcours pour 100 000 GNF. Le certificat vérifiable, délivré à la fin, coûte 399 000 GNF.