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Avertissement

Les règles changent d'un pays à l'autre et évoluent : vérifie toujours les textes en vigueur chez toi.

Ce parcours explique le droit constitutionnel et les institutions ; il ne constitue pas un avis juridique. Les constitutions changent souvent : vérifie toujours la version en vigueur au journal officiel avant de t'en servir, et adresse-toi à un juriste pour un litige ou une démarche.

Leçon offerteModule 01 · Leçon 01.028 min

La souveraineté et la reconnaissance

Parcours 163 : Droit constitutionnel : État, constitution et régimes politiques · Fondamentaux

Objectif de la leçon

Distinguer la souveraineté interne et la souveraineté externe, et comprendre le rôle de la reconnaissance par les autres États.

La leçon, diapositive par diapositive

Diapositive 1 sur 8

Objectif de la leçon

  • Comprendre les deux faces de la souveraineté
  • Savoir à quoi sert la reconnaissance
  • Voir comment un État partage l'exercice de certains pouvoirs
Voix off

Le mot souveraineté revient sans cesse dans les discours politiques. On parle de souveraineté nationale, de souveraineté monétaire, de souveraineté alimentaire. En droit constitutionnel, ce mot a un sens plus précis. Dans cette leçon, tu vas voir ses deux faces : vers l'intérieur, le dernier mot sur le territoire, et vers l'extérieur, l'indépendance face aux autres États. Tu vas ensuite voir à quoi sert la reconnaissance d'un nouvel État, avec l'exemple du Soudan du Sud. Enfin, tu verras pourquoi un État qui entre dans une union monétaire ou dans une organisation régionale reste souverain.

Diapositive 2 sur 8

La souveraineté interne

  • Le dernier mot sur le territoire
  • Faire la loi, lever l'impôt, rendre la justice
  • Aucun pouvoir privé au-dessus de l'État
Voix off

Vers l'intérieur, la souveraineté veut dire que l'État a le dernier mot sur son territoire. Lui seul fait la loi, lève l'impôt, rend la justice au nom du peuple et emploie la force publique. Aucun pouvoir privé n'est placé au-dessus de lui. Prends une grande société minière qui exploite la bauxite dans la région de Boké. Elle peut être plus riche que l'État lui-même. Elle doit pourtant respecter le code minier, payer ses redevances et obéir aux décisions des juges guinéens. Si elle conteste une décision, elle passe par les recours prévus par le droit, pas par la force.

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La souveraineté externe

  • Aucun État n'en commande un autre
  • L'égalité juridique entre États
  • Une voix chacun à l'Assemblée générale de l'ONU
Voix off

Vers l'extérieur, la souveraineté veut dire qu'aucun État n'a d'ordre à recevoir d'un autre. Les États sont juridiquement égaux, quelle que soit leur taille ou leur richesse. À l'Assemblée générale des Nations unies, les Comores et le Canada disposent chacun d'une voix. Bien sûr, dans les faits, les États n'ont pas le même poids : un grand pays pèse plus dans les négociations qu'un petit. Mais en droit, aucun ne peut imposer sa loi à un autre sans son accord. C'est pour cela qu'une intervention militaire sans mandat ni consentement est considérée comme une violation de la souveraineté.

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La reconnaissance

  • Un acte par lequel un État constate l'existence d'un autre
  • Montevideo : l'existence ne dépend pas de la reconnaissance
  • Sans reconnaissance, peu d'ambassades et peu de traités
Voix off

La reconnaissance est l'acte par lequel un État constate qu'un autre État existe et accepte de traiter avec lui. Deux thèses s'opposent. Pour la première, la reconnaissance crée l'État. Pour la seconde, elle ne fait que constater un fait déjà là. La convention de Montevideo choisit la seconde : son article 3 dit que l'existence politique de l'État ne dépend pas de sa reconnaissance par les autres. En pratique pourtant, un État peu reconnu a du mal à vivre : il ouvre peu d'ambassades, signe peu de traités, emprunte difficilement et ses passeports sont refusés à beaucoup de frontières.

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Un exemple : le Soudan du Sud

  • Indépendance proclamée le 9 juillet 2011
  • Admission à l'ONU le 14 juillet 2011
  • Le 193e État membre
Voix off

Le Soudan du Sud est le dernier État à avoir rejoint les Nations unies. Il a proclamé son indépendance le samedi 9 juillet 2011, en se séparant du Soudan. Cinq jours plus tard, le 14 juillet 2011, le Conseil de sécurité ayant recommandé son admission la veille, l'Assemblée générale l'a admis comme 193e État membre. Note l'ordre des étapes. D'abord l'indépendance de fait, avec un territoire, une population et un gouvernement. Ensuite les reconnaissances par les autres États. Enfin l'entrée à l'ONU, qui ouvre l'accès à toute la vie internationale. L'admission ne crée pas l'État, mais elle l'installe dans la communauté des États.

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Les cas difficiles

  • Des territoires reconnus par une partie des États seulement
  • Un État reconnu peut perdre le contrôle d'une région
  • Le droit et les faits ne coïncident pas toujours
Voix off

Tous les cas ne sont pas aussi nets. Le Kosovo a proclamé son indépendance en 2008 : une partie des États l'a reconnu, d'autres refusent, et il n'est pas membre de l'ONU. À l'inverse, un État reconnu peut perdre le contrôle d'une partie de son territoire à cause d'une rébellion ou de groupes armés, comme on l'a vu au Sahel ou dans l'est de la République démocratique du Congo. L'État reste alors souverain en droit, même s'il ne gouverne plus certaines zones dans les faits. Quand tu analyses une crise, distingue toujours ce que dit le droit et ce qui se passe réellement sur le terrain.

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Partager l'exercice de la souveraineté

  • Un État peut accepter des règles communes par traité
  • Exemple : une banque centrale commune
  • Il garde le droit de sortir, selon les règles prévues
Voix off

Un État peut accepter que certaines décisions soient prises en commun. Les huit États de l'UEMOA, comme le Sénégal, la Côte d'Ivoire ou le Bénin, partagent une même monnaie et une même banque centrale, la BCEAO, qui fixe les taux directeurs pour tous. Ces États ne fixent donc plus seuls leur politique monétaire. Ils restent pourtant souverains, car c'est par un traité qu'ils ont choisi ce partage, et ils peuvent en sortir. La même logique vaut pour l'Union africaine, la CEDEAO ou l'Union européenne : le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont quitté la CEDEAO en janvier 2025, tout en restant dans l'UEMOA. On parle d'exercice partagé de la souveraineté, pas de perte de souveraineté.

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À retenir

  • Interne : le dernier mot sur le territoire
  • Externe : l'égalité entre États
  • La reconnaissance constate, elle ne crée pas
  • Un traité peut organiser un exercice partagé
Voix off

Retiens les deux faces de la souveraineté. Vers l'intérieur, l'État a le dernier mot sur son territoire. Vers l'extérieur, il est l'égal des autres États et ne reçoit d'ordre de personne. La reconnaissance constate l'existence d'un État plus qu'elle ne la crée, mais sans elle la vie internationale devient très difficile. Enfin, un État qui accepte par traité une monnaie commune ou des règles régionales reste souverain : il a choisi ce partage. Dans la prochaine leçon, tu vas voir comment un État organise son territoire à l'intérieur, avec la forme la plus répandue : l'État unitaire.

À retenir

  • Souveraineté interne : l'État a le dernier mot sur son territoire. Souveraineté externe : il ne dépend d'aucun autre État.
  • Selon la convention de Montevideo, l'existence politique d'un État ne dépend pas de sa reconnaissance par les autres.
  • En pratique, la reconnaissance et l'entrée à l'ONU ouvrent l'accès aux ambassades, aux traités et aux financements internationaux.
  • Un État peut accepter par traité des limites à l'exercice de sa souveraineté sans la perdre.

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Indépendance. Ce parcours est indépendant : il n'est affilié ni à Constitute Project, ni aux parlements, juridictions, gouvernements ou partis des pays étudiés, dont il cite seulement les textes et les décisions publiés.