Reconnaître les procédés qui déforment la lecture d'un graphique et refaire une version honnête.
La leçon, diapositive par diapositive
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Objectif de la leçon
Connaître les procédés trompeurs
Calculer l'ampleur réelle d'un écart
Refaire un graphique honnête
Voix off
Un graphique peut contenir des chiffres exacts et pourtant tromper son lecteur. Parfois par maladresse, parfois volontairement, dans une publicité, un discours politique ou un rapport qui veut impressionner un financeur. Les guides de visualisation des services statistiques publics mettent d'ailleurs en garde contre ces procédés. Dans cette leçon, tu vas apprendre à reconnaître les plus courants : l'axe tronqué, les images agrandies, le relief, le double axe, la période choisie et le cumul. Pour chacun, tu sauras calculer ce que montre vraiment le graphique et comment le refaire. C'est une compétence utile bien au-delà des études.
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L'axe tronqué
Une école de Port-au-Prince : 1 150 puis 1 196 élèves
Hausse réelle : 46 élèves, soit 4 %
Axe qui part de 1 140 : barres de 10 et 56
La seconde barre paraît 5,6 fois plus haute
Voix off
Prenons une école de Port-au-Prince qui passe de 1 150 élèves une année à 1 196 l'année suivante, selon des données d'exercice. La hausse est de 46 élèves, soit 4 pour cent. Sur un diagramme en barres dont l'axe commence à 1 140, la première barre a une hauteur visible de 10 et la seconde de 56. Elle paraît 5,6 fois plus haute. Le lecteur pressé croit que l'effectif a explosé. Pour un diagramme en barres, la règle est simple : l'axe part de zéro. Quand tu vois un axe qui commence ailleurs, oublie les hauteurs et calcule toi-même l'écart à partir des valeurs.
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Les images et les volumes
On double la hauteur d'un dessin de sac de riz
Sa largeur double aussi : surface multipliée par 4
L'œil lit la surface, pas la hauteur
Préfère des barres simples
Voix off
Un autre procédé consiste à remplacer les barres par des images : un sac de riz, une maison, une pièce de monnaie. Si la production double et qu'on dessine un sac deux fois plus haut, on le dessine aussi deux fois plus large pour garder ses proportions. Sa surface est alors multipliée par quatre, et si le dessin donne une impression de volume, par huit. L'œil lit la surface, et il croit à une hausse bien plus forte que la réalité. Si tu tiens à utiliser des images, répète une petite image identique plusieurs fois au lieu d'agrandir un seul dessin.
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Le relief et les effets
Le secteur au premier plan paraît plus gros
Les barres en perspective se lisent mal
Ombres et dégradés n'apportent rien
Aucun décor ne doit porter d'information
Voix off
Les tableurs proposent des graphiques en trois dimensions, avec perspective, ombres et dégradés. Ils paraissent modernes, mais ils déforment la lecture. Dans un camembert en relief, la part placée au premier plan semble plus grosse que celle du fond, à pourcentage égal. Dans des barres en perspective, on ne sait plus à quelle hauteur lire la valeur, sur la face avant ou sur la face arrière. Les guides des services statistiques publics recommandent d'ailleurs d'éviter ces effets. Garde des graphiques plats, avec des couleurs sobres. Un graphique n'est pas une décoration : chaque élément visible doit servir à comprendre.
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Le double axe
Deux courbes, deux échelles choisies librement
On peut les faire se croiser à volonté
Le croisement ne veut rien dire
Mieux : deux graphiques côte à côte
Voix off
Le graphique à double axe place deux courbes sur le même dessin, l'une lue sur l'axe de gauche, l'autre sur l'axe de droite. Par exemple, le prix du carburant et le prix du pain à Kinshasa. Le problème, c'est que l'auteur choisit librement les deux échelles. En les réglant, il peut faire monter une courbe plus vite que l'autre, ou les faire se croiser où il veut, et suggérer un lien qui n'existe pas. Le croisement de deux courbes sur deux axes différents ne signifie rien. Il vaut mieux deux graphiques côte à côte, ou deux indices ramenés à la même base, ce que tu verras au module 6.
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La période choisie et le cumul
Commencer au point le plus bas exagère la hausse
Un total cumulé monte toujours
Montre la valeur de chaque période
Et la période complète disponible
Voix off
Deux autres procédés jouent sur le temps. Le premier consiste à choisir le début de la courbe. Si un prix a baissé pendant trois ans puis remonté un an, commencer la courbe au point le plus bas montre une hausse spectaculaire, et cache la baisse. Le second consiste à montrer un cumul. Un nombre total de clients depuis l'ouverture monte toujours, même si chaque mois en apporte de moins en moins. Une courbe cumulée qui grimpe peut donc cacher une activité en recul. Montre plutôt la valeur de chaque période, et toute la période disponible, ou explique pourquoi tu en choisis une partie.
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Ta grille de contrôle
Titre, unité, source et date
Axe des barres qui part de zéro
Échelle régulière, période complète
Effectifs derrière les pourcentages
Voix off
Voici une grille à passer sur chaque graphique, le tien comme celui des autres. Le titre dit-il quoi, où et quand ? L'unité est-elle indiquée, en francs, en dollars, en pourcentage ? La source et la date figurent-elles sous le graphique ? Pour des barres, l'axe part-il de zéro ? L'échelle du temps est-elle régulière, et la période est-elle complète ? Les pourcentages sont-ils accompagnés des effectifs ? Y a-t-il du relief, des images agrandies ou un double axe ? Si une réponse pose problème, refais le graphique ou recalcule toi-même l'écart réel avant de le citer.
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À retenir
Lis les valeurs, pas les hauteurs
Méfie-toi des images, du relief, du double axe
Exige la période complète et les effectifs
Un graphique honnête se passe d'effets
Voix off
Un graphique trompeur ne contient pas forcément de faux chiffres. Il joue sur ta perception : un axe tronqué, une image agrandie, un relief, deux échelles bien choisies, une période découpée, un cumul. Ton réflexe doit être de lire les valeurs plutôt que les hauteurs, et de recalculer l'écart réel. Quand c'est toi qui fais le graphique, applique la grille de contrôle avant de l'envoyer. Dans le lab de ce module, tu vas construire trois graphiques justes et corriger un graphique trompeur. Au module suivant, tu passeras des images aux nombres qui résument une distribution.
À retenir
Un axe de barres qui ne part pas de zéro exagère les écarts ; il faut lire les valeurs, pas les hauteurs.
Les images agrandies, le relief et le double axe trompent l'œil, qui lit des surfaces et des croisements.
Un graphique honnête donne titre, unité, source, période complète et effectifs.
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