Décrire un ensemble, calculer unions, intersections, différences et complémentaires, et démontrer une inclusion ou une égalité d'ensembles par double inclusion.
La leçon, diapositive par diapositive
Diapositive 1 sur 8
Objectif de la leçon
Décrire un ensemble
Unions, intersections, complémentaires
Prouver une inclusion et une égalité
Parties d'un ensemble et produit cartésien
Voix off
Les ensembles sont le vocabulaire de base de toutes les mathématiques. Tu en as déjà rencontré : les entiers naturels, les réels, les intervalles, l'ensemble des solutions d'une équation. Dans cette leçon, tu vas apprendre à les décrire avec précision, à les combiner, et surtout à démontrer qu'un ensemble est inclus dans un autre ou qu'il lui est égal. Tu vas voir que ces preuves utilisent directement la logique du module 1 : l'union correspond au mot ou, l'intersection au mot et, et le complémentaire à la négation.
Diapositive 2 sur 8
Décrire un ensemble
En extension : A = {1, 2, 3, 6}
En compréhension : A = {n ∈ ℕ | n divise 6}
∈ : appartient à ; ⊂ : est inclus dans
∅ : l'ensemble vide, inclus dans tout ensemble
Voix off
Il y a deux façons d'écrire un ensemble. En extension, tu donnes la liste de ses éléments, comme les diviseurs de 6 : un, deux, trois et six. En compréhension, tu donnes la propriété qui les caractérise : les entiers naturels qui divisent 6. Ne confonds pas les deux symboles. Le nombre 2 appartient à A, alors que l'ensemble qui contient seulement 2 est inclus dans A. Enfin, l'ensemble vide est inclus dans tout ensemble. Pour le contredire, il faudrait trouver un élément du vide qui ne soit pas dans l'autre ensemble, et le vide n'a aucun élément.
Diapositive 3 sur 8
Union, intersection, différence
A ∪ B : les éléments qui sont dans A ou dans B
A ∩ B : les éléments qui sont dans A et dans B
A \ B : les éléments de A qui ne sont pas dans B
E \ A : le complémentaire de A dans E
Voix off
Prends une classe de trente étudiants à Abidjan. On note A ceux qui parlent anglais et B ceux qui jouent au football. L'union rassemble ceux qui parlent anglais ou jouent au football, avec le ou inclusif : un étudiant qui fait les deux en fait partie. L'intersection garde seulement ceux qui font les deux. A privé de B, ce sont les anglophones qui ne jouent pas au football. Et le complémentaire de A dans la classe, ce sont ceux qui ne parlent pas anglais. Les dessins en forme de patates aident à voir, mais ils ne remplacent jamais une preuve.
Diapositive 4 sur 8
Prouver une inclusion
But : si A ⊂ B et B ⊂ C, alors A ⊂ C
Soit x ∈ A
Comme A ⊂ B, x ∈ B ; comme B ⊂ C, x ∈ C
Tout élément de A est dans C, donc A ⊂ C
Voix off
Pour démontrer qu'un ensemble est inclus dans un autre, il n'y a qu'une méthode, et elle marche toujours. Tu écris « soit x un élément de A », sans rien supposer d'autre sur x. Puis tu montres, étape par étape, que x appartient à l'autre ensemble. Comme x était quelconque, tu as prouvé la propriété pour tous les éléments de A. Dans l'exemple, chaque étape utilise une hypothèse : la première inclusion fait passer x dans B, la seconde le fait passer dans C. Remarque que tu utilises ici le pour tout du module 1, caché dans le mot soit.
Diapositive 5 sur 8
La double inclusion
But : (A ∪ B) \ C = (A \ C) ∪ (B \ C)
Soit x à gauche : x ∈ A ou x ∈ B, et x ∉ C
Si x ∈ A, il est dans A \ C ; si x ∈ B, il est dans B \ C
Puis on part d'un élément de droite pour revenir à gauche
Voix off
Deux ensembles sont égaux quand chacun est inclus dans l'autre : il faut donc deux preuves. Reprends la classe d'Abidjan et appelle C les étudiants inscrits au club de théâtre. À gauche, tu as ceux qui parlent anglais ou jouent au football, sans faire de théâtre. Prends-en un, x. Comme il est dans A ou dans B, tu sépares les cas : s'il est dans A, il est dans A privé de C ; s'il est dans B, il est dans B privé de C. Dans les deux cas, il est à droite. Il reste le chemin du retour : un élément de A privé de C, ou de B privé de C, est dans A union B et hors de C. Sans ce retour, tu n'as prouvé qu'une inclusion.
Diapositive 6 sur 8
Les lois de De Morgan
E \ (A ∪ B) = (E \ A) ∩ (E \ B)
E \ (A ∩ B) = (E \ A) ∪ (E \ B)
C'est la négation de « ou » et de « et »
Ni anglophone ni footballeur : hors de A et hors de B
Voix off
Ces deux lois portent le nom du mathématicien britannique Augustus De Morgan. Elles traduisent une règle de logique que tu connais déjà : la négation de « P ou Q » est « non P et non Q ». Être en dehors de l'union de A et B, c'est n'être ni dans A, ni dans B, donc être à la fois hors de A et hors de B. Dans la classe d'Abidjan, les étudiants qui ne sont ni anglophones ni footballeurs sont exactement ceux qui ne parlent pas anglais et qui ne jouent pas au football. Tu peux démontrer chaque loi par double inclusion, en dix lignes.
Diapositive 7 sur 8
Parties et produit cartésien
P(E) : l'ensemble de toutes les parties de E
E = {a, b, c} : P(E) a 8 éléments, dont ∅ et E
E × F : tous les couples (x, y), avec x ∈ E et y ∈ F
Si E a n éléments et F en a p, E × F en a np
Voix off
L'ensemble des parties de E contient tous les sous-ensembles de E, y compris le vide et E lui-même. Pour un ensemble de trois éléments, a, b et c, tu en trouves huit : le vide, trois singletons, trois paires et l'ensemble entier. Tu démontreras au module 3 qu'un ensemble de n éléments a 2 puissance n parties. Le produit cartésien, lui, contient des couples. Dans un restaurant de Montréal qui propose trois entrées et quatre plats, un menu entrée plus plat est un couple, et il y en a douze. L'ordre compte : le couple (x, y) n'est pas le couple (y, x).
Diapositive 8 sur 8
À retenir
∈ pour un élément, ⊂ pour un ensemble
Inclusion : « soit x ∈ A » puis montrer x ∈ B
Égalité : double inclusion, sans oublier le second sens
De Morgan : la négation transforme ∪ en ∩
Voix off
Retiens d'abord la différence entre appartenir, pour un élément, et être inclus, pour un ensemble. Pour prouver une inclusion, tu pars d'un élément quelconque et tu le suis jusqu'à l'autre ensemble. Pour prouver une égalité, tu fais les deux inclusions. Les lois de De Morgan sont la version ensembliste de la négation de et et de ou. Dans la prochaine leçon, tu vas passer des ensembles aux applications, qui relient les éléments d'un ensemble à ceux d'un autre. Tu verras comment calculer l'image d'un intervalle sans te tromper.
À retenir
x ∈ A signifie que x appartient à A ; A ⊂ B signifie que tout élément de A est dans B.
Pour prouver A ⊂ B, on prend un élément quelconque de A et on montre qu'il est dans B.
Pour prouver A = B, on montre A ⊂ B puis B ⊂ A : c'est la double inclusion.
Le complémentaire d'une union est l'intersection des complémentaires, et inversement (lois de De Morgan).
Si E a n éléments, il a 2ⁿ parties ; E × F contient tous les couples (x, y) avec x dans E et y dans F.
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