Utiliser l'effacement, le déplacement, le remplacement, l'ajout et l'encadrement pour délimiter les groupes d'une phrase et justifier une analyse.
La leçon, diapositive par diapositive
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Objectif de la leçon
Connaître cinq manipulations
Savoir ce que chacune prouve
Noter proprement le résultat d'un test
Se méfier des questions sur le sens
Voix off
Un mécanicien de Kinshasa ne devine pas ce qui ne va pas dans un moteur : il démonte, il teste, il remonte. En grammaire, tu vas faire pareil avec les phrases. Dans cette leçon, tu apprends cinq manipulations : effacer, déplacer, remplacer, ajouter et encadrer. Chacune répond à une question précise. Est-ce que ce groupe est obligatoire ? Est-ce qu'il peut bouger ? Où commence-t-il et où finit-il ? Tu vas aussi voir pourquoi les vieilles questions du type « qui fait l'action ? » te trompent souvent. À la fin, tu sauras justifier une analyse par une preuve, et non par une impression.
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L'effacement
Supprimer un groupe et relire la phrase
Phrase encore correcte : groupe facultatif
Phrase impossible : groupe obligatoire
On marque une phrase impossible d'une étoile
Voix off
Premier outil : l'effacement. Tu supprimes un groupe et tu relis. Prends cette phrase : « Depuis lundi, la boulangerie du quartier ouvre à six heures. » Efface « depuis lundi » : « La boulangerie du quartier ouvre à six heures. » La phrase tient debout, donc ce groupe est facultatif. Efface maintenant « la boulangerie du quartier » : « Depuis lundi, ouvre à six heures. » La phrase ne fonctionne plus. Les grammairiens marquent ce genre de phrase impossible avec une petite étoile devant. Conclusion : le sujet est obligatoire. Attention, effacer ne veut pas dire que le groupe est inutile pour le sens. Ça veut dire que la construction n'en a pas besoin.
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Le déplacement
Changer un groupe de place
Le complément de phrase bouge librement
Le sujet et les compléments du verbe résistent
On vérifie que le sens ne change pas
Voix off
Deuxième outil : le déplacement. Tu prends un groupe et tu le mets ailleurs dans la phrase. « À Kinshasa, les embouteillages commencent très tôt. » Tu peux écrire : « Les embouteillages commencent très tôt à Kinshasa », ou « Les embouteillages, à Kinshasa, commencent très tôt ». Le groupe « à Kinshasa » se déplace sans problème : c'est le signe d'un complément de phrase. Essaie maintenant de déplacer « les embouteillages » à la fin : « Commencent très tôt à Kinshasa les embouteillages. » C'est étrange, presque poétique, et ce n'est pas la construction ordinaire. Le sujet et les compléments du verbe n'aiment pas bouger. Vérifie toujours que le sens reste le même après le déplacement.
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Le remplacement
Remplacer un groupe par un pronom
Il, elle, ils, le, la, lui, en, y
Le pronom montre où le groupe commence et finit
Il donne aussi un indice sur la fonction
Voix off
Troisième outil : le remplacement, qu'on appelle aussi substitution. Tu remplaces un groupe par un pronom ou par un mot plus court. « Les candidats admis à l'oral de juin recevront un message. » Par quoi peux-tu remplacer le début ? Par « ils » : « Ils recevront un message. » Le pronom a avalé les sept premiers mots d'un coup. Ça te montre que ces mots forment un seul groupe, le groupe sujet. Le choix du pronom donne aussi un indice sur la fonction. « Ils » remplace un sujet, « le » ou « la » remplacent souvent un complément direct, « lui » un complément indirect. Tu y reviendras en détail dans le module 3.
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L'ajout et l'encadrement
Ajouter « très » devant un adjectif pour le tester
Encadrer par « c'est... qui » pour isoler le sujet
Encadrer par « ne... pas » pour trouver le verbe conjugué
Voix off
Quatrième et cinquième outils. L'ajout consiste à glisser un mot pour voir si la phrase l'accepte. Par exemple, « une décision très importante » fonctionne, mais « une élection très municipale » ne fonctionne pas. Ça te dira, dans le module 2, que ces deux adjectifs ne sont pas du même type. L'encadrement consiste à entourer un groupe. Avec « c'est... qui », tu isoles le sujet : « C'est la boulangerie du quartier qui ouvre à six heures. » Avec « ne... pas », tu trouves le verbe conjugué, car c'est lui qui se place entre les deux : « La boulangerie n'ouvre pas à six heures. » Deux gestes simples, très efficaces.
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Se méfier des questions
« Qui fait l'action ? » trompe souvent
« Le colis a été livré par Moussa »
Moussa agit, mais le sujet est « le colis »
Les tests portent sur la forme
Voix off
À l'école, on t'a peut-être appris à trouver le sujet en demandant « qui fait l'action ? ». Regarde ce qui se passe avec cette phrase : « Le colis a été livré par Moussa. » Qui fait l'action ? Moussa, bien sûr. Et pourtant, le sujet grammatical, c'est « le colis ». La preuve : « C'est le colis qui a été livré par Moussa. » Et si tu mets « les colis », le verbe change : « Les colis ont été livrés. » Le sujet commande l'accord du verbe, ce que Moussa ne fait pas. Les questions sur le sens donnent souvent la bonne réponse, mais pas toujours. Les manipulations, elles, s'appuient sur la forme et ne te lâchent pas.
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Noter ses tests proprement
Des crochets pour délimiter chaque groupe
Une étoile devant une phrase impossible
Un tableau : test, résultat, conclusion
Une conclusion par test, pas plus
Voix off
Quand tu fais une analyse pour un devoir, un concours ou une fiche, montre tes preuves. Mets chaque groupe entre crochets : [Depuis lundi], [la boulangerie du quartier] [ouvre à six heures]. Quand une manipulation donne une phrase impossible, recopie-la avec une étoile devant. Et pour les cas difficiles, fais un petit tableau à trois colonnes : le test que tu as fait, la phrase obtenue, ce que tu en conclus. Une conclusion par test suffit. Un correcteur ou un collègue peut alors suivre ton raisonnement pas à pas. Même si tu te trompes, il voit où est l'erreur, et toi aussi.
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À retenir
Effacer : obligatoire ou facultatif ?
Déplacer : complément de phrase ou non ?
Remplacer : où sont les limites du groupe ?
Ajouter et encadrer : quel mot, quel sujet ?
Voix off
Résumons tes cinq outils. L'effacement te dit si un groupe est obligatoire. Le déplacement te dit si c'est un complément de phrase. Le remplacement par un pronom te montre les limites d'un groupe et te donne un indice sur sa fonction. L'ajout teste la nature d'un mot, comme « très » devant un adjectif. L'encadrement isole le sujet avec « c'est... qui » et le verbe conjugué avec « ne... pas ». Ces outils fonctionnent sur la forme de la phrase, pas sur ton intuition du sens. Dans la leçon suivante, tu vas t'en servir pour découper la phrase en ses trois grands constituants.
À retenir
L'effacement sépare les groupes obligatoires des groupes facultatifs.
Le déplacement montre qu'un groupe est un complément de phrase.
Le remplacement par un pronom révèle les limites et la fonction d'un groupe.
L'encadrement par « c'est... qui » isole le sujet ; « ne... pas » encadre le verbe conjugué.
Les tests portent sur la forme de la phrase, pas sur son sens.
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