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Avertissement

Les règles changent d'un pays à l'autre et évoluent : vérifie toujours les textes en vigueur chez toi.

Ce parcours explique des principes, des méthodes et des ordres de grandeur pour comprendre et prévenir les risques. Il ne remplace ni la formation donnée sur place par le responsable de ton laboratoire, ni la fiche de données de sécurité de chaque produit, ni une formation aux premiers secours ou à la lutte contre l'incendie. Aucune valeur ni consigne qu'il présente ne doit être appliquée telle quelle à un laboratoire réel : sur place, ce sont le responsable du laboratoire, les services de secours et les professionnels habilités qui décident, selon les normes et les règles en vigueur dans ton pays.

Leçon offerteModule 01 · Leçon 01.018 min

Ce que les accidents de laboratoire nous apprennent

Parcours 171 : Sécurité au laboratoire de chimie : prévenir les risques et réagir · Fondamentaux

Objectif de la leçon

Comprendre comment un produit chimique blesse, à partir de cas réels, et savoir ce que tu vas apprendre dans ce parcours.

La leçon, diapositive par diapositive

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Objectif de la leçon

  • Voir comment se produisent les accidents
  • Connaître les voies d'entrée dans le corps
  • Distinguer trois familles de dangers
  • Savoir t'arrêter à temps
Voix off

Bienvenue dans ce parcours sur la sécurité au laboratoire de chimie. Il est fait pour toi si tu entres bientôt dans une salle de travaux pratiques, si tu fais un stage dans un laboratoire de contrôle, ou si tu encadres des élèves. On commence par des faits : des accidents réels, étudiés par des enquêteurs. Tu vas voir qu'ils ne tiennent presque jamais à la malchance. Ensuite, on verra par où un produit entre dans ton corps, et les trois grandes familles de dangers. À la fin de cette leçon, tu sauras pourquoi on lit l'étiquette avant de déboucher un flacon, et pas après.

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Des accidents bien documentés

  • 2008 : une assistante de recherche meurt, ses vêtements ont pris feu
  • 2010 : un doctorant perd trois doigts en broyant un composé explosif
  • 2014 : des enfants brûlés lors de démonstrations au méthanol
  • 2016 : des démineurs appelés dans un collège de Martinique
Voix off

Voici quatre cas qui ont fait l'objet d'enquêtes ou d'articles détaillés. En 2008, aux États-Unis, une jeune assistante transférait un réactif qui s'enflamme au contact de l'air. Ses vêtements ont pris feu, elle ne portait pas de blouse, et elle est morte de ses brûlures. En 2010, dans un autre laboratoire de recherche américain, un doctorant broyait au mortier un composé sensible aux chocs : l'explosion lui a coûté trois doigts. En 2014, trois démonstrations avec du méthanol enflammé ont brûlé des enfants et des adultes. En 2016, au Robert, en Martinique, des démineurs ont retiré d'un collège deux flacons d'acide picrique devenus explosifs en séchant.

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Ce que ces cas ont en commun

  • Le danger était connu ou facile à connaître
  • Personne ne l'avait évalué avant de commencer
  • La protection prévue manquait ou ne suffisait pas
  • Les petits incidents passés n'avaient pas été signalés
Voix off

Les enquêteurs retrouvent souvent les mêmes causes. Le danger était connu : un réactif qui s'enflamme à l'air, un composé explosif, un solvant très inflammable, tout cela figure sur les étiquettes et dans les fiches. Mais personne n'avait pris le temps d'évaluer la manipulation avant de la lancer. Les protections manquaient, ou n'étaient pas les bonnes. Dans le cas de 2010, le bureau fédéral américain qui enquête sur les accidents chimiques, le CSB, a aussi relevé qu'il n'existait aucun moyen de signaler les presque-accidents. Retiens cette idée : un accident grave est presque toujours précédé de signaux qu'on a laissés passer.

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Par où un produit entre dans le corps

  • Par l'air : vapeurs, poussières, gouttelettes
  • Par la peau, même intacte, et par les yeux
  • Par la bouche : mains sales, nourriture, pipette
  • Par une coupure : verre cassé, aiguille
Voix off

Un produit ne te fait du mal que s'il te touche ou s'il entre dans ton corps. La voie la plus fréquente, c'est l'air : tu respires des vapeurs de solvant sans t'en rendre compte, parce que beaucoup n'ont pas d'odeur gênante. La peau est la deuxième voie : certains produits la brûlent, d'autres la traversent sans laisser de trace et passent dans le sang. Les yeux sont très fragiles, une seule goutte peut suffire. Vient ensuite la bouche : un doigt porté aux lèvres, un sandwich posé sur la paillasse. Enfin, un éclat de verre souillé fait entrer le produit directement sous la peau.

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Trois familles de dangers

  • Physiques : feu, explosion, gaz sous pression, corrosion des métaux
  • Pour la santé : intoxication, brûlure, allergie, cancer
  • Pour l'environnement : eau, sols, êtres vivants
Voix off

Le système mondial d'étiquetage, que tu verras dans la leçon suivante, range tous les dangers en trois familles. Les dangers physiques concernent ce que le produit peut faire tout seul : prendre feu, exploser, faire éclater un récipient, ronger une étagère en métal. Les dangers pour la santé concernent ce qu'il fait à ton corps : une brûlure immédiate, une intoxication, une allergie qui apparaît après des semaines, ou un effet à long terme comme un cancer. Les dangers pour l'environnement concernent l'eau, les sols et les êtres vivants, et ce sont eux qui interdisent de verser quoi que ce soit à l'évier. Un même produit peut cumuler les trois.

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Danger et risque, deux idées différentes

  • Le danger : ce que le produit peut faire
  • Le risque : la chance que ça arrive, et sa gravité
  • On réduit le risque en changeant la façon de travailler
Voix off

Ne confonds pas danger et risque. Le danger est une propriété du produit : l'éthanol est inflammable, que tu l'utilises ou non. Le risque dépend de ce que tu fais avec lui. Un flacon fermé dans une armoire adaptée présente un risque faible ; le même flacon ouvert à côté d'un bec Bunsen allumé présente un risque élevé. C'est une bonne nouvelle : tu ne peux pas changer le danger d'un produit, mais tu peux presque toujours réduire le risque. Tu peux utiliser moins de produit, travailler sous une hotte, éloigner les flammes ou choisir un produit moins dangereux. Tout ce parcours repose sur cette idée.

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Ton réflexe : t'arrêter et prévenir

  • Tu as un doute : tu t'arrêtes
  • Tu préviens le responsable du laboratoire
  • Tu ne reprends qu'avec une réponse claire
  • Ce parcours ne remplace pas la formation sur place
Voix off

Voici peut-être le point le plus important. Si une manipulation te paraît dangereuse, si la hotte ne tire pas, si un flacon n'a pas d'étiquette, tu t'arrêtes. Certains pays protègent même ce réflexe par la loi : la France parle de droit de retrait, le Québec de droit de refus. Renseigne-toi sur les règles du tien. Tu préviens le responsable du laboratoire, et tu ne reprends que lorsqu'il t'a donné une réponse claire. Garde aussi en tête que ce parcours t'apprend à repérer et à refuser une situation dangereuse, mais qu'il ne remplace jamais la formation donnée sur place par le responsable de ton laboratoire.

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Le chemin du parcours

  • Module 1 : les dangers, l'étiquette et la fiche
  • Module 2 : ranger et stocker
  • Module 3 : se protéger
  • Module 4 : les déchets
  • Module 5 : réagir à un incident
Voix off

Voici le chemin. Dans ce premier module, tu apprends à lire une étiquette et une fiche de données de sécurité. Le module 2 t'apprend à ranger une armoire et à faire l'inventaire d'un vieux stock. Le module 3 porte sur ta protection : la hotte, les lunettes, la blouse, les gants et les équipements de secours. Le module 4 traite des déchets, de l'évier jusqu'à la filière autorisée. Le module 5 te prépare à réagir à un déversement, à une projection ou à un départ de feu. Chaque module se termine par un lab, une simulation et un quiz. Viennent ensuite un serious game, un projet final et ton certificat.

À retenir

  • La plupart des accidents graves viennent d'un danger connu que personne n'a évalué avant de commencer.
  • Un produit entre dans le corps par l'air respiré, la peau, les yeux, la bouche et les coupures.
  • On distingue trois familles de dangers : physiques, pour la santé et pour l'environnement.
  • Le danger appartient au produit, le risque dépend de la façon de travailler : c'est lui qu'on peut réduire.
  • Devant une situation dangereuse, ton premier réflexe est de t'arrêter et de prévenir le responsable.

Fais les exercices, le quiz et obtiens ton certificat dans ton espace

Avec ton compte, les deux premiers modules sont offerts : leçons, labs, simulations, quiz et tuteur. Débloque la suite du parcours pour 100 000 GNF. Le certificat vérifiable, délivré à la fin, coûte 399 000 GNF.

Indépendance. Ce parcours est indépendant : il présente le Système général harmonisé (SGH) des Nations unies, le règlement européen CLP et le SIMDUT canadien comme repères, et cite les publications de l'organisme français de prévention des risques professionnels, du CCHST, de l'institut américain de santé au travail et du CSB américain comme simples références, sans aucune affiliation avec ces organismes ; il ne recopie aucun texte de norme ni de règlement et ne remplace aucune formation obligatoire.