Les règles changent d'un pays à l'autre et évoluent : vérifie toujours les textes en vigueur chez toi.
Ce parcours explique des principes, des méthodes et des ordres de grandeur pour comprendre et prévenir les risques. Il ne remplace ni la formation donnée sur place par le responsable de ton laboratoire, ni la fiche de données de sécurité de chaque produit, ni une formation aux premiers secours ou à la lutte contre l'incendie. Aucune valeur ni consigne qu'il présente ne doit être appliquée telle quelle à un laboratoire réel : sur place, ce sont le responsable du laboratoire, les services de secours et les professionnels habilités qui décident, selon les normes et les règles en vigueur dans ton pays.
Comprendre comment un produit stocké peut devenir plus dangereux avec le temps ou à cause de son voisinage.
La leçon, diapositive par diapositive
Diapositive 1 sur 8
Objectif de la leçon
Trois façons dont un stock devient dangereux
Les produits qui vieillissent mal
Les mauvaises places
Les qualités d'un bon stock
Voix off
On pense souvent que le danger est sur la paillasse, pendant la manipulation. Pourtant, une armoire mal rangée peut provoquer un accident alors que personne n'est dans la salle. Trois mécanismes l'expliquent : le produit qui se dégrade avec le temps, les produits voisins qui se rencontrent lors d'une chute ou d'une fuite, et le stock qui grossit sans que personne ne le contrôle. Tu verras aussi les endroits où l'on ne doit jamais rien poser. Ces idées te serviront dans les trois leçons suivantes, quand tu organiseras une armoire puis un inventaire.
Diapositive 2 sur 8
Les produits qui vieillissent mal
Chaleur, lumière et air : des solvants forment des peroxydes
Humidité : des métaux dégagent un gaz inflammable
Air : des poudres s'oxydent ou s'échauffent
Temps : un contenu qui ne correspond plus à l'étiquette
Voix off
Certains produits changent en vieillissant. L'éther diéthylique et d'autres solvants forment lentement des peroxydes au contact de l'air et de la lumière, surtout une fois le flacon entamé. Ces peroxydes peuvent exploser quand on chauffe ou qu'on concentre le solvant. Le sodium et d'autres métaux très réactifs dégagent un gaz très inflammable au contact de l'humidité. D'autres produits prennent en masse, gonflent ou se décomposent. Au bout de quelques années, le contenu d'un flacon peut ne plus correspondre à son étiquette. C'est pour cela qu'on note la date de réception et la date d'ouverture sur chaque flacon sensible.
Diapositive 3 sur 8
Le cas de l'acide picrique
Humide, en solution, loin des métaux : moins de risque
Sec et cristallisé : sensible au frottement
Des cristaux sous le bouchon : on n'ouvre pas
Martinique, 2016 : flacons retirés par des démineurs
Voix off
L'acide picrique est un bon exemple. On le trouvait autrefois dans beaucoup de laboratoires d'enseignement. C'est un explosif, qui ne reste relativement stable qu'humide ou en solution, et loin des métaux : dans une boîte ou sous un bouchon métallique, il peut former des picrates, plus sensibles encore. Quand il sèche avec les années, il forme des cristaux, parfois sous le bouchon, qui deviennent sensibles au frottement. Une circulaire belge de 2007 adressée aux écoles demande alors de ne pas ouvrir le récipient, de ne pas le secouer ni le laisser tomber, de l'éloigner de la chaleur et de prévenir les services d'incendie. En 2016, au Robert, en Martinique, des démineurs ont ainsi sorti deux flacons d'un collège avant de les détruire.
Diapositive 4 sur 8
Quand les voisins se rencontrent
Un flacon tombe et se brise sur un autre
Une fuite coule dans le bac d'à côté
Des vapeurs se mélangent dans l'armoire
Un incendie fait éclater les emballages
Voix off
Dans une armoire, les produits sont voisins pendant des mois. Tant que tout reste fermé, il ne se passe rien. Le problème commence quand un flacon tombe et se brise sur un autre, quand un bouchon fuit et que le liquide coule dans le bac d'à côté, ou quand des vapeurs s'échappent et se rencontrent. En cas d'incendie, la chaleur fait éclater les emballages et tout se mélange. Si l'acide se trouve à côté de l'eau de Javel, il dégage du chlore. Si un oxydant touche un solvant, le feu redouble. C'est pour cela qu'on range par familles, et pas au hasard.
Diapositive 5 sur 8
Le métal des étagères compte aussi
Les acides attaquent la plupart des métaux
La réaction peut dégager de l'hydrogène
Les vapeurs acides rongent étagères, charnières et serrures
Rétention en plastique compatible, pas de métal nu
Voix off
On oublie souvent que l'armoire elle-même fait partie du stockage. Les acides attaquent la plupart des métaux, y compris le fer des étagères en acier, et cette réaction peut dégager de l'hydrogène, un gaz très inflammable. Même sans fuite, les vapeurs d'un flacon d'acide chlorhydrique mal fermé finissent par faire rouiller les étagères, les charnières et les serrures. Une étagère rongée peut céder sous le poids des flacons. Pour les acides, on préfère donc une armoire qui résiste à la corrosion, avec des bacs de rétention dans un plastique compatible. Regarde l'état des étagères : la rouille autour des flacons est un signal d'alerte.
Diapositive 6 sur 8
Les mauvaises places
Dans un couloir ou devant une sortie
Devant un extincteur ou une douche de sécurité
En hauteur, au-dessus du niveau des yeux
Sur la paillasse, pendant des semaines
Voix off
Certaines places sont interdites, quel que soit le produit. Rien ne doit encombrer un couloir, une issue de secours, un extincteur ou une douche de sécurité : le jour où tu en as besoin, chaque seconde compte. Les produits dangereux, lourds ou volumineux ne se rangent pas en hauteur, au-dessus du niveau des yeux, parce qu'en les descendant tu risques de les recevoir sur le visage. Et la paillasse n'est pas une armoire : un flacon qui y reste des semaines finit par être renversé, chauffé par le soleil ou utilisé par quelqu'un qui ne sait pas ce qu'il contient.
Diapositive 7 sur 8
Les qualités d'un bon stock
Petit : on commande ce qu'on utilise
Connu : un inventaire à jour
Étiqueté : chaque récipient, même transvasé
Contrôlé : un responsable et des visites régulières
Voix off
Un bon stock a quatre qualités. Il est petit : on commande les quantités dont on a besoin, pas le grand format parce qu'il revient moins cher au litre. Il est connu : un inventaire à jour dit ce qu'il y a, où, et depuis quand. Il est étiqueté : chaque récipient, y compris une solution que tu viens de préparer ou un produit transvasé, porte son nom, sa concentration, ses dangers et la date. Il est contrôlé : une personne en est responsable, avec un suppléant, et elle fait le tour régulièrement. À Dakar comme à Montréal, ces quatre règles évitent la plupart des mauvaises surprises.
Diapositive 8 sur 8
À retenir
Un produit peut devenir plus dangereux en vieillissant
Les voisins se rencontrent lors d'une chute ou d'un feu
Ni couloir, ni hauteur, ni paillasse
Petit, connu, étiqueté, contrôlé
Voix off
Si tu ne devais garder qu'une idée, ce serait celle-ci : un stock n'est jamais immobile. Les produits vieillissent, et certains deviennent plus dangereux que ce que dit leur étiquette. Les voisins d'une armoire peuvent se rencontrer lors d'une chute, d'une fuite ou d'un incendie. L'armoire elle-même peut être attaquée par les acides. Certaines places sont interdites à tous les produits. Un bon stock est petit, connu, étiqueté et contrôlé. Dans la prochaine leçon, tu vas apprendre à séparer les familles de produits incompatibles, avec la rubrique 10 de la fiche de données de sécurité comme guide.
À retenir
Un produit peut se dégrader avec la chaleur, la lumière, l'humidité ou l'air, et devenir plus dangereux que ce que dit son étiquette.
Une chute, une fuite ou un incendie peut mettre en contact des produits rangés côte à côte.
Les acides attaquent les étagères métalliques et peuvent dégager de l'hydrogène.
On ne stocke jamais dans un passage, devant une issue de secours, un extincteur ou une douche, ni en hauteur pour les produits dangereux.
Un bon stock est petit, connu, étiqueté et contrôlé.
Fais les exercices, le quiz et obtiens ton certificat dans ton espace
Avec ton compte, les deux premiers modules sont offerts : leçons, labs, simulations, quiz et tuteur. Débloque la suite du parcours pour 100 000 GNF. Le certificat vérifiable, délivré à la fin, coûte 399 000 GNF.
Indépendance. Ce parcours est indépendant : il présente le Système général harmonisé (SGH) des Nations unies, le règlement européen CLP et le SIMDUT canadien comme repères, et cite les publications de l'organisme français de prévention des risques professionnels, du CCHST, de l'institut américain de santé au travail et du CSB américain comme simples références, sans aucune affiliation avec ces organismes ; il ne recopie aucun texte de norme ni de règlement et ne remplace aucune formation obligatoire.