Les taux, prix et offres de crédit de ce parcours sont des exemples de calcul : ils ne constituent pas un conseil financier personnalisé. Les taux réglementaires cités, comme le taux de l'usure, sont des repères à la date d'octobre 2026 : ils changent selon les pays et dans le temps, vérifie le texte en vigueur avant une décision réelle.
Calculer l'escompte, les agios et la somme nette reçue lors de la remise d'un effet de commerce, puis le taux réel de l'opération et l'équivalence de deux effets.
La leçon, diapositive par diapositive
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Objectif de la leçon
Reconnaître un effet de commerce
Calculer l'escompte et les agios
Calculer le taux réel de l'opération
Remplacer un effet par un autre
Voix off
Un commerçant vend souvent à crédit : son client paiera dans 30, 60 ou 90 jours. Pendant ce temps, lui doit payer ses salaires, son loyer et ses fournisseurs. Une solution existe depuis longtemps : remettre à sa banque le titre qui prouve la créance, et être payé tout de suite, moins une retenue. C'est l'escompte. On va calculer cette retenue, la distinguer des autres frais, mesurer ce que l'opération coûte vraiment, puis remplacer un effet par un autre à une date différente sans que personne ne perde d'argent.
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L'effet de commerce
Un écrit qui constate une dette à une date précise
Lettre de change : le vendeur ordonne au client de payer
Billet à ordre : le client promet de payer
Pour le calcul : valeur nominale V et échéance
Voix off
Un effet de commerce est un écrit qui prouve qu'une somme sera payée à une date précise. Il en existe deux formes principales. Dans la lettre de change, qu'on appelle aussi traite, le vendeur, appelé le tireur, donne l'ordre à son client, le tiré, de payer une somme à une date donnée. Dans le billet à ordre, c'est le client lui-même qui s'engage par écrit à payer. Pour le calcul, on retient deux informations : la valeur nominale, c'est-à-dire le montant écrit sur l'effet, et la date d'échéance. Les règles juridiques de ces titres sont fixées par les textes de chaque pays ou zone monétaire.
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Escompter : être payé avant l'échéance
L'entreprise remet l'effet à sa banque
La banque verse le montant moins une retenue
Elle encaisse l'effet à l'échéance
En cas d'impayé, elle peut en général réclamer la somme à l'entreprise
Voix off
Escompter un effet, c'est le céder à sa banque avant l'échéance. Une fiche de la Banque de France, qui cite le manuel Vernimmen, le décrit comme une opération de crédit : la banque met à la disposition de l'entreprise le montant de l'effet, diminué des intérêts et des commissions. À l'échéance, c'est la banque qui encaisse l'effet auprès de l'acheteur. S'il ne paie pas, elle peut en général réclamer la somme à l'entreprise qui lui a remis l'effet. En clair, l'entreprise transforme en argent disponible tout de suite le délai de paiement qu'elle a accordé à ses clients.
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Calculer l'escompte
e = V × t × j ÷ 360
Effet de 4 800 000 FCFA à 75 jours, taux 9 %
e = 4 800 000 × 0,09 × 75 ÷ 360 = 90 000
Valeur actuelle commerciale : 4 710 000 FCFA
Escompte rationnel : 90 000 ÷ 1,01875 ≈ 88 344
Voix off
L'escompte commercial est un intérêt simple calculé sur la valeur nominale de l'effet, pour les jours qui restent jusqu'à l'échéance. Une société de distribution de Douala remet un effet de 4 800 000 francs CFA à 75 jours, et sa banque applique 9 %. L'escompte vaut 4 800 000 fois 0,09 fois 75 sur 360, soit 90 000 francs, et la valeur actuelle commerciale 4 710 000 francs. Les manuels citent aussi l'escompte rationnel, calculé sur la valeur actuelle : 90 000 divisé par 1,01875, soit environ 88 344 francs. Les banques pratiquent l'escompte commercial, un peu plus élevé, puisqu'il porte sur une somme plus grande.
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Les agios et le net reçu
Agios = escompte + commissions + taxes
Escompte : 90 000
Commission : 3 000 ; taxe sur la commission : 540
Net reçu : 4 800 000 - 93 540 = 4 706 460 FCFA
Voix off
La banque ne retient pas seulement l'escompte. Elle ajoute souvent une commission par effet, et une taxe sur cette commission selon la fiscalité du pays. L'ensemble s'appelle les agios. Dans notre exemple, supposons une commission de 3 000 francs et une taxe de 18 % sur cette commission, soit 540 francs. Ces deux chiffres sont choisis pour l'exercice : le taux de la taxe dépend du pays, et chaque banque publie ses conditions. Les agios valent 93 540 francs, et l'entreprise reçoit 4 706 460 francs. Certaines banques ajoutent aussi un ou deux jours à la durée, ou fixent un minimum de jours : lis toujours les conditions.
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Le coût réel de l'opération
93 540 payés pour disposer de 4 706 460
Pendant 75 jours
Taux réel = 93 540 ÷ (4 706 460 × 75 ÷ 360)
Environ 9,54 % par an au lieu de 9 %
Voix off
Le taux affiché est de 9 %, mais ce n'est pas le coût réel. Pour le connaître, demande-toi : combien l'entreprise paie-t-elle, pour disposer de combien d'argent, pendant combien de temps ? Elle paie 93 540 francs d'agios, pour disposer de 4 706 460 francs pendant 75 jours. On applique la formule du taux de la leçon précédente : on trouve environ 9,54 % par an. L'écart vient de deux choses : l'escompte est calculé sur la valeur nominale alors que l'entreprise reçoit moins, et les commissions s'ajoutent. Ce raisonnement, comparer ce qu'on paie à ce qu'on reçoit vraiment, sera la base du module 5.
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Remplacer un effet par un autre
Effets équivalents : même valeur actuelle
Effet de 2 000 000 à 30 jours, taux 9 %
V × (1 - 0,0225) = 2 000 000 × (1 - 0,0075)
Nouvel effet à 90 jours : V ≈ 2 030 691
Voix off
Un client demande parfois à repousser l'échéance de son effet. Pour que le vendeur ne perde rien, le nouvel effet doit avoir la même valeur actuelle que l'ancien, au même taux d'escompte. Prenons un effet de 2 000 000 à 30 jours, que le client veut remplacer par un effet à 90 jours, au taux de 9 %. L'ancien vaut aujourd'hui 2 000 000 fois, parenthèse, 1 moins 0,09 fois 30 sur 360, soit 1 985 000. Le nouvel effet V doit vérifier : V fois, parenthèse, 1 moins 0,09 fois 90 sur 360, égale 1 985 000. On trouve environ 2 030 691. Les 30 691 de plus paient les 60 jours de délai.
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À retenir
Escompte : e = V × t × j ÷ 360
Agios = escompte + commissions + taxes
Taux réel calculé sur le net reçu
Équivalence : même valeur actuelle
Voix off
Fais le point. Escompter un effet, c'est le céder à la banque avant l'échéance pour être payé tout de suite. L'escompte commercial se calcule sur la valeur nominale, pour les jours restants, souvent sur une année de 360 jours. Les agios ajoutent les commissions et les taxes, et le net reçu est la valeur nominale moins les agios. Le taux réel se calcule sur ce que l'entreprise reçoit vraiment, et il dépasse le taux affiché. Enfin, deux effets sont équivalents s'ils ont la même valeur actuelle. Tu as maintenant tout ce qu'il faut pour le lab de ce module.
À retenir
Escompter un effet, c'est le céder à la banque avant son échéance contre son montant diminué des intérêts et des commissions.
L'escompte commercial vaut e = V × t × j ÷ 360, calculé sur la valeur nominale V de l'effet.
Les agios regroupent l'escompte, les commissions et les taxes : le net reçu vaut V moins les agios.
Le taux réel de l'opération se calcule sur la somme réellement reçue ; il dépasse le taux affiché.
Deux effets sont équivalents à une date s'ils ont la même valeur actuelle à cette date.
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