Ce parcours décrit la parole ; il ne forme ni au bilan ni à la rééducation des troubles de la parole et du langage, qui relèvent des orthophonistes et logopèdes diplômés.
Décrire une voyelle par l'aperture, l'antériorité, l'arrondissement et la nasalité, et la placer sur le trapèze vocalique.
La leçon, diapositive par diapositive
Diapositive 1 sur 8
Objectif de la leçon
Distinguer voyelle et consonne
Connaître les critères de description
Lire le trapèze vocalique
Comprendre les voyelles cardinales
Voix off
Au module 1, tu as appris à classer les consonnes. Les voyelles demandent une autre méthode, parce qu'elles ne se font pas avec un obstacle précis. Dans cette leçon, tu vas apprendre les quatre critères qui suffisent pour décrire la plupart des voyelles du monde. Tu vas les sentir dans ta propre bouche, avec ta main et ton miroir. Tu vas ensuite apprendre à lire le trapèze de l'alphabet phonétique international, cette figure en forme de table penchée. Enfin, tu comprendras pourquoi les phonéticiens utilisent des voyelles de référence qui n'appartiennent à aucune langue.
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Voyelle ou consonne ?
Voyelle : l'air passe sans obstacle
Consonne : un obstacle total ou partiel
Les voyelles sont presque toujours voisées
Elles forment le plus souvent le cœur de la syllabe
Voix off
Pour une consonne, quelque chose gêne le passage de l'air : les lèvres se ferment, la langue touche le palais, un passage se resserre. Pour une voyelle, l'air passe librement. Ce qui change d'une voyelle à l'autre, c'est la forme de la cavité de la bouche, comme la forme d'une bouteille change le son quand on souffle dedans. Les voyelles sont presque toujours voisées : les plis vocaux vibrent. Elles forment aussi, le plus souvent, le centre de la syllabe. Tu verras au module 5 qu'il existe des langues où une consonne peut jouer ce rôle.
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L'aperture : bouche fermée ou ouverte
[i] de « lit » : langue haute, bouche presque fermée
[e] de « blé », puis [ɛ] de « lait »
[a] de « patte » : langue basse, bouche ouverte
La main sous le menton sent la mâchoire descendre
Voix off
Premier critère : l'aperture, c'est-à-dire l'ouverture de la bouche, qui dépend de la hauteur de la langue. Pose ta main sous ton menton et dis lentement les voyelles de lit, de blé, de lait, puis de patte. Tu sens ta mâchoire descendre à chaque étape. Pour la voyelle de lit, la langue est haute et la bouche presque fermée : on parle de voyelle fermée. Pour celle de patte, la langue est basse et la bouche grande ouverte : c'est une voyelle ouverte. Entre les deux, on trouve les voyelles mi-fermées et mi-ouvertes.
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L'antériorité : à l'avant ou à l'arrière
[i] : langue poussée vers l'avant
[u] de « loup » : langue tirée vers l'arrière
Dis « i-ou-i-ou » et sens ta langue reculer
Avant, central ou arrière : antérieure, centrale, postérieure
Voix off
Deuxième critère : la position de la langue d'avant en arrière. Dis la voyelle de lit, puis celle de loup, plusieurs fois de suite, lentement. Tu sens ta langue avancer et reculer dans ta bouche, comme un tiroir. Pour la voyelle de lit, le dos de la langue se bombe vers l'avant du palais : c'est une voyelle antérieure. Pour celle de loup, il se bombe vers le fond : c'est une voyelle postérieure. Entre les deux se trouvent les voyelles centrales, comme le e de petit pour beaucoup de locuteurs.
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Les lèvres : arrondies ou étirées
[i] : lèvres étirées
[y] de « lu » : langue de [i], lèvres de [u]
Le français a trois antérieures arrondies : [y], [ø], [œ]
Beaucoup de langues n'en ont aucune
Voix off
Troisième critère : les lèvres. Dis la voyelle de lit, en gardant ta langue exactement à la même place, et arrondis les lèvres comme pour siffler. Tu obtiens la voyelle de lu. Ces deux voyelles ne diffèrent que par les lèvres. Le français possède trois voyelles de ce genre, antérieures et arrondies : celles de lu, de peu et de peur. C'est assez rare dans les langues du monde. En créole haïtien, par exemple, la voyelle de lu n'existe que comme variante rare, dans un mot comme uit, qui veut dire huit. Beaucoup de langues africaines n'ont pas ces voyelles.
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La nasalité
Voile du palais abaissé : la voyelle devient nasale
« beau » [bo] et « bon » [bɔ̃]
Noté par un tilde au-dessus du symbole
Français, portugais, yoruba, baoulé…
Voix off
Quatrième critère, très important en français : la nasalité. Si le voile du palais s'abaisse pendant la voyelle, une partie de l'air passe par le nez, et la voyelle devient nasale. Dis beau, puis bon, en te pinçant le nez. Pour beau, rien ne change. Pour bon, le son devient étouffé, parce que l'air ne peut plus sortir par le nez. Dans l'API, on note la nasalité par un petit tilde au-dessus du symbole. Le français n'est pas seul : le portugais, le yoruba ou le baoulé ont aussi des voyelles nasales, chacun avec son propre système.
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Le trapèze vocalique
Une carte de la bouche vue de profil
En haut les fermées, en bas les ouvertes
À gauche les antérieures, à droite les postérieures
Dans une paire : non arrondie à gauche, arrondie à droite
Voix off
Ouvre le tableau de l'API à la partie des voyelles. Tu vois une figure en forme de trapèze. C'est une sorte de carte de la bouche, vue de profil, la personne regardant vers la gauche. En haut, les voyelles fermées ; en bas, les ouvertes. À gauche, les antérieures ; à droite, les postérieures. Quand deux symboles forment une paire sur un même point, celui de gauche est non arrondi, celui de droite est arrondi. Ces repères ont été placés par des phonéticiens pour servir de voyelles cardinales : des voyelles de référence, qui n'appartiennent à aucune langue en particulier.
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À retenir
Aperture : fermée, mi-fermée, mi-ouverte, ouverte
Antériorité : antérieure, centrale, postérieure
Lèvres : arrondies ou non
Nasalité : orale ou nasale
Voix off
Pour décrire une voyelle, pose quatre questions. La bouche est-elle fermée ou ouverte ? La langue est-elle à l'avant, au centre ou à l'arrière ? Les lèvres sont-elles arrondies ? L'air passe-t-il aussi par le nez ? Ainsi, la voyelle de lu se décrit comme une voyelle fermée, antérieure, arrondie et orale. Celle de bon est mi-ouverte, postérieure, arrondie et nasale. Entraîne-toi sur ton prénom et sur le nom de ta ville. Dans la prochaine leçon, tu vas voir que le français n'a pas le même nombre de voyelles à Paris, à Bruxelles, à Marseille ou à Montréal.
À retenir
Une voyelle se fait sans obstacle : c'est la forme de la bouche qui la distingue des autres.
On la décrit par l'aperture, l'antériorité de la langue et l'arrondissement des lèvres, puis la nasalité.
Sur le trapèze de l'API, quand deux voyelles forment une paire, celle de droite est arrondie.
Les voyelles cardinales servent de repères communs pour décrire toutes les langues.
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