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Avertissement

Ce parcours décrit la parole ; il ne forme ni au bilan ni à la rééducation des troubles de la parole et du langage, qui relèvent des orthophonistes et logopèdes diplômés.

Leçon offerteModule 02 · Leçon 02.048 min

Éjectives, implosives et clics : d'autres courants d'air

Parcours 174 : Phonétique et phonologie : décrire les sons des langues · Fondamentaux

Objectif de la leçon

Expliquer les trois mécanismes qui mettent l'air en mouvement et décrire les clics du xhosa.

La leçon, diapositive par diapositive

Diapositive 1 sur 8

Objectif de la leçon

  • Connaître les trois mécanismes de l'air
  • Comprendre éjectives et implosives
  • Savoir comment se fait un clic
  • Lire les clics du xhosa
Voix off

Jusqu'ici, presque tous les sons que tu as étudiés utilisent l'air des poumons. Mais l'appareil vocal a d'autres ressources. Le larynx peut servir de piston, et la langue peut créer à elle seule un petit courant d'air dans la bouche. Dans cette leçon, tu vas voir ces trois mécanismes. Tu vas comprendre comment se fabriquent les éjectives, entendues dans des langues d'Éthiopie ou du Caucase, et revenir sur les implosives du peul. Enfin, tu vas apprendre à produire des clics, ces sons qui font la réputation du xhosa et des langues d'Afrique australe. Avant d'essayer chaque son, écoute-le sur le tableau interactif de l'API.

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Trois façons de mettre l'air en mouvement

  • Pulmonaire : l'air des poumons
  • Glottalique : le larynx monte ou descend
  • Vélarique : la langue crée une poche d'air
  • Chaque mécanisme peut pousser ou aspirer
Voix off

Les phonéticiens distinguent trois mécanismes. Le mécanisme pulmonaire utilise l'air des poumons : c'est celui de presque tous les sons du français. Le mécanisme glottalique utilise le larynx comme un piston : glotte fermée, il monte pour pousser l'air, ou il descend pour l'aspirer. Le mécanisme vélarique utilise la langue seule : elle ferme la bouche à deux endroits, crée une petite poche d'air, puis l'ouvre. Chaque mécanisme peut en principe faire sortir l'air ou le faire entrer. Sur le tableau de l'API, les sons non pulmonaires ont leur propre cadre, à côté du grand tableau.

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Les éjectives

  • Glotte fermée, le larynx monte
  • L'air de la bouche est comprimé
  • Un petit claquement sec à l'ouverture
  • Notées avec une apostrophe : [pʼ], [tʼ], [kʼ]
Voix off

Pour une éjective, ferme ta bouche comme pour un k, puis bloque ta respiration, comme quand tu soulèves un objet lourd : ta glotte se ferme. Pousse alors ton larynx vers le haut et ouvre la bouche d'un coup. Tu entends un petit claquement sec, sans souffle. L'air n'est pas venu des poumons, mais de la petite quantité d'air comprimée par le larynx. On note ces sons avec une apostrophe après le symbole. On les trouve par exemple dans l'amharique en Éthiopie, dans le géorgien ou dans le quechua des Andes. Le xhosa en possède aussi.

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Retour sur les implosives

  • Le larynx descend, glotte qui vibre
  • La pression baisse dans la bouche
  • [ɓ], [ɗ], [ʄ], [ɠ], [ʛ] dans le tableau
  • Peul, mais aussi d'autres langues d'Afrique et d'Asie
Voix off

Les implosives fonctionnent à l'inverse des éjectives. Le larynx descend au lieu de monter, ce qui fait baisser la pression dans la bouche. Contrairement aux éjectives, la glotte n'est pas complètement fermée : les plis vocaux vibrent souvent, ce qui donne au son sa voix. Le tableau de l'API prévoit cinq implosives voisées, des lèvres jusqu'à la luette. Le peul en utilise deux de façon distinctive, auxquelles s'ajoute un son glottalisé, noté par un y crocheté, proche du début de yeux. On trouve aussi des implosives dans d'autres langues d'Afrique et d'Asie du Sud-Est, comme le vietnamien.

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Comment se fait un clic

  • Deux fermetures : à l'avant et au fond
  • La langue s'abaisse : la pression baisse dans la poche
  • L'avant s'ouvre : un claquement net
  • [ʘ], [ǀ], [ǃ], [ǂ], [ǁ] dans le tableau
Voix off

Pour un clic, la langue ferme la bouche à deux endroits : à l'avant, avec la pointe ou les lèvres, et au fond, avec le dos de la langue contre le voile. Entre les deux, il reste une petite poche d'air. La langue s'abaisse au milieu, la poche s'agrandit et la pression y baisse. Quand l'avant s'ouvre, l'air extérieur se précipite et produit un claquement. Le petit bruit de reproche que beaucoup de gens font avec la langue contre les dents ressemble à un clic. En français, ce n'est qu'un bruit. Dans d'autres langues, c'est une consonne qui distingue des mots.

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Les clics du xhosa

  • c [ǀ] : clic dental
  • q [ǃ] : clic alvéolaire ou postalvéolaire
  • x [ǁ] : clic latéral, comme dans « Xhosa »
  • De 15 à 21 clics selon les locuteurs
Voix off

Le xhosa, parlé en Afrique du Sud, écrit ses trois clics de base avec des lettres latines. La lettre c note un clic dental, avec la pointe de la langue contre les dents. La lettre q note un clic plus en arrière, sur la gencive ou juste derrière : les descriptions varient un peu sur son lieu exact. La lettre x note un clic latéral, où l'air entre par le côté de la langue, comme le bruit qu'on fait pour encourager un cheval. Le nom même de la langue commence par ce clic. Chaque clic se combine avec de l'aspiration, de la nasalité ou de la voix, d'où 15 à 21 clics au total.

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D'où viennent les clics ?

  • Dans toutes les langues khoïsanes d'Afrique australe
  • Empruntés par le xhosa et le zoulou
  • Aussi en Tanzanie et au Kenya
  • Moins de 2 % des langues de l'échantillon du WALS
Voix off

Les clics sont très rares : d'après le WALS, moins de deux pour cent des langues de son échantillon les utilisent comme consonnes ordinaires. On les trouve dans toutes les langues khoïsanes d'Afrique australe. Le xhosa et le zoulou, deux langues bantoues, les ont empruntés au contact de ces langues : l'ancêtre bantou du xhosa n'en avait pas. Quelques langues d'Afrique de l'Est en ont aussi, comme le sandawe et le hadza en Tanzanie, ou le dahalo au Kenya. Les clics montrent que des sons voyagent d'une langue à l'autre quand les peuples se rencontrent.

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À retenir

  • Trois mécanismes : pulmonaire, glottalique, vélarique
  • Éjective : le larynx pousse
  • Implosive : le larynx descend
  • Clic : la langue crée une poche d'air
Voix off

L'air des poumons n'est pas la seule matière première de la parole. Le larynx peut pousser l'air, pour les éjectives, ou l'aspirer, pour les implosives. La langue peut créer seule une poche d'air, pour les clics. Ces sons sont rares dans les langues du monde, mais ils sont parfaitement réguliers dans les langues qui les utilisent. Avant le module 3, fais le lab : tu vas écouter et décrire les sons d'une langue que tu ne parles pas bien. Puis fais la simulation, sur des affiches en pular à Labé, et le quiz du module.

À retenir

  • L'air peut être mis en mouvement par les poumons, par le larynx ou par la langue seule.
  • Les éjectives poussent l'air avec le larynx, glotte fermée ; les implosives l'aspirent en abaissant le larynx.
  • Les clics se font avec une poche d'air créée entre deux fermetures de la langue.
  • Le xhosa écrit ses trois clics de base avec les lettres c, q et x.

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Indépendance. Ce parcours est indépendant : il n'est affilié ni à l'Association phonétique internationale, qui publie l'alphabet phonétique international, ni aux auteurs du logiciel libre Praat, et il ne reproduit pas leurs documents.