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Avertissement

Ce parcours décrit la parole ; il ne forme ni au bilan ni à la rééducation des troubles de la parole et du langage, qui relèvent des orthophonistes et logopèdes diplômés.

Leçon offerteModule 02 · Leçon 02.029 min

Les voyelles du français d'une région à l'autre

Parcours 174 : Phonétique et phonologie : décrire les sons des langues · Fondamentaux

Objectif de la leçon

Connaître les voyelles orales et nasales du français et repérer les grandes différences entre ses variétés, sans les juger.

La leçon, diapositive par diapositive

Diapositive 1 sur 8

Objectif de la leçon

  • Connaître les voyelles orales du français
  • Connaître ses voyelles nasales
  • Comparer plusieurs régions
  • Décrire sans juger
Voix off

On parle souvent du français comme d'une seule prononciation. En réalité, le français de Paris, celui de Liège, de Marseille, de Montréal, d'Abidjan ou de Kinshasa n'ont pas exactement les mêmes voyelles. Dans cette leçon, tu vas d'abord faire l'inventaire des voyelles orales et nasales du français. Puis tu vas comparer plusieurs régions, avec des exemples précis. L'objectif n'est pas de dire qui parle bien ou mal. Le phonéticien décrit ce que les gens disent réellement. Chaque variété a ses règles, aussi cohérentes les unes que les autres.

Diapositive 2 sur 8

Les voyelles orales

  • Antérieures non arrondies : [i] lit, [e] blé, [ɛ] lait, [a] patte
  • Antérieures arrondies : [y] lu, [ø] peu, [œ] peur
  • Postérieures : [u] loup, [o] peau, [ɔ] porte
  • Et le [ə] instable de « petit »
Voix off

Voici les voyelles orales du français, rangées comme sur le trapèze. Les antérieures non arrondies : lit, blé, lait et patte. Les antérieures arrondies : lu, peu et peur. Les postérieures arrondies : loup, peau et porte. Ajoute le e de petit, une voyelle centrale qui a la particularité de souvent disparaître : tu la retrouveras dans la leçon suivante. Certains locuteurs ont encore un a postérieur, celui de pâte, distinct du a de patte. Selon les régions et les générations, on compte donc une dizaine de voyelles orales, ou un peu plus.

Diapositive 3 sur 8

Les voyelles nasales

  • [ɑ̃] de « banc »
  • [ɔ̃] de « bon »
  • [ɛ̃] de « brin »
  • [œ̃] de « brun », seulement chez une partie des locuteurs
Voix off

Le français a trois ou quatre voyelles nasales selon les locuteurs. Tout le monde distingue banc, bon et brin. La quatrième, celle de brun, est plus fragile. À Paris et dans beaucoup de régions de France, elle s'est confondue avec celle de brin : les deux mots se prononcent de la même façon. En Belgique, une partie des locuteurs les distingue encore. Cette voyelle est rare dans le vocabulaire, et elle ne sert à séparer que quelques paires de mots, comme brin et brun. C'est sans doute une des raisons de sa disparition progressive dans le français de référence.

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Paris, Bruxelles, Marseille

  • Paris : « brin » et « brun » confondus, souvent aussi « patte » et « pâte »
  • Belgique : « pâte » avec un a long, « mettre » et « maître » distincts
  • Midi : [e] en syllabe ouverte, [ɛ] en syllabe fermée
  • Trois systèmes cohérents
Voix off

Comparons trois régions. À Paris, beaucoup de locuteurs confondent brin et brun, et ne distinguent plus le a de patte de celui de pâte. En Belgique, on garde souvent un a long et plus postérieur dans pâte, et une différence de longueur entre mettre et maître. Dans le Midi de la France, la règle est différente encore : la voyelle de blé apparaît en syllabe ouverte, celle de lait en syllabe fermée, presque sans exception. Ainsi, fée et fait se prononcent souvent de la même façon à Marseille ou à Toulouse. Trois systèmes, chacun parfaitement régulier.

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Le français du Québec

  • Affrication : « tulipe » [tsylip], « du » [dzy]
  • Voyelles relâchées : « partir » [paʁtsɪʁ]
  • [ɪ], [ʏ], [ʊ] en syllabe fermée
  • Des traits décrits par les ouvrages de référence québécois
Voix off

Au Québec, deux traits frappent tout de suite l'oreille. Le premier : devant les voyelles de lit et de lu, le t et le d se prononcent avec un petit frottement. Tulipe commence presque comme ts, et du comme dz. Les ouvrages de référence québécois décrivent ce trait comme normal à l'intérieur des mots. Le second : en syllabe fermée, les voyelles fermées se relâchent souvent. Dans partir, la dernière voyelle est plus ouverte qu'à Paris, entre le i et le é. On la note avec un petit i majuscule. Ces traits ne sont pas des fautes : ils suivent des règles précises.

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Le français en Afrique

  • Des prononciations très variées
  • Souvent un r battu ou roulé
  • Des voyelles influencées par les langues premières
  • Aucune variété n'est fautive en soi
Voix off

En Afrique, le français est parlé par des dizaines de millions de personnes, qui ont presque toutes une autre langue première ou seconde : wolof, bambara, pular, lingala, baoulé, arabe, kinyarwanda et bien d'autres. Le français d'Abidjan, de Dakar, de Conakry ou de Kinshasa n'a donc pas une seule prononciation. On y entend souvent un r battu ou roulé. Les voyelles et le rythme sont parfois influencés par la langue première de chacun. Il existe encore peu de descriptions détaillées de ces variétés : ton projet final peut justement en être une, avec de vrais enregistrements.

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Décrire, pas juger

  • La norme scolaire est une variété parmi d'autres
  • Chaque variété a des règles régulières
  • Le phonéticien note, compare, explique
  • Une description précise sert aussi à enseigner
Voix off

Dans ce parcours, tu adoptes le regard du linguiste : tu décris, tu ne juges pas. La prononciation enseignée à l'école est une variété utile, qui permet de se comprendre largement, mais ce n'est pas la seule correcte. Le Québécois qui dit tulipe avec un ts suit une règle aussi stricte que le Parisien qui ne le fait pas. Cette attitude a un intérêt pratique. Si tu enseignes le français à Lomé ou à Casablanca, une description précise de ce que disent tes élèves t'aide à choisir les sons à travailler, sans humilier personne.

Diapositive 8 sur 8

À retenir

  • Une dizaine de voyelles orales, trois ou quatre nasales
  • « brin » et « brun » : une distinction qui recule
  • Midi, Belgique, Québec : des systèmes différents
  • Décrire chaque variété avec ses propres règles
Voix off

Le français n'a pas un seul système de voyelles. Le nombre de voyelles orales et nasales varie selon les régions et les générations. La voyelle de brun recule devant celle de brin. Le Midi répartit ses voyelles moyennes selon la syllabe. La Belgique garde des voyelles longues. Le Québec relâche ses voyelles fermées et affrique le t et le d. Et chaque pays d'Afrique a ses façons de parler français. Écoute ton propre français, et celui de tes proches : quelles voyelles distingues-tu, et lesquelles distinguent tes proches ? Dans la prochaine leçon, on quitte le français pour des consonnes qu'il ne connaît pas.

À retenir

  • Le français compte trois ou quatre voyelles nasales et une dizaine de voyelles orales ou un peu plus, selon les régions.
  • « brin » et « brun » se distinguent encore chez une partie des locuteurs de Belgique, alors qu'ils se confondent à Paris.
  • Dans le Midi de la France, [e] et [ɛ] se répartissent selon le type de syllabe.
  • Au Québec, [t] et [d] s'affriquent devant [i] et [y], et les voyelles fermées se relâchent souvent en syllabe fermée.

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Indépendance. Ce parcours est indépendant : il n'est affilié ni à l'Association phonétique internationale, qui publie l'alphabet phonétique international, ni aux auteurs du logiciel libre Praat, et il ne reproduit pas leurs documents.